23 déc. 2009

Le jour où j'ai parlé à la tribune de l'ONU

(enfin pas vraiment...)

Après un bon mois de silence, rythmé par mes rapports de stage, les partiels et les révisions de partiels, le froid hivernal, les premières neiges et tempêtes de neige aux US, me voilà de retour sur la toile prêt à conter mes trépidantes aventures dans l'Ohio, notamment à ceux que je n'aurai pas l'occasion de revoir cet hiver à Paris. Vous verrez donc dans les prochaines semaines des vieux posts sortir de nulle part et ensuite, je devrais reprendre un rythme de publication un peu plus normal (en espérant que ça ne nuise pas trop au confort de lecture de ceux qui me suivent par fils RSS). En attendant je profite de mes premières vraies vacances depuis janvier 2008 pour visiter la côte Est (New York, Boston et Washington) avec ma sœur, ensuite je passerai par Paris pour le Nouvel An et jusqu’au 9 janvier.

Fin de la parenthèse, aujourd'hui j'ai eu la chance d'aller visiter l'ONU aujourd'hui et découvrir les coulisses de cette vénérable institution, grâce à un ami de prépa qui fait son stage là-bas. Concrètement, l'ONU ça n'est rien d'autre qu'un centre de congrès permanent avec plein de bureaux de représentation aux étages supérieurs). Nous avons donc visité la plupart des espaces réservés aux diplomates : Conseil des tutelles, Conseil économique et social, Assemblée générale ainsi que de diverses salles de réunion au mobilier plus ou moins daté, profitant du calme relatif et d'une ONU plutôt vide à l’avant-veille de Noël (normal tout le monde est parti en vacances).

La seule salle qui nous était interdite d’accès ce jour-là était la salle du Conseil de Sécurité qui était utilisée pour une réunion à huis clos. Mais globalement c'était une visite intéressante, d’une part, parce que les salles auxquelles nous avions eu accès n’étaient pas forcément ouvertes aux touristes (qui paient un prix d’entrée exorbitant de $20). D’autre part, ça change de voir comment des lieux qu’on a voit souvent à la télévision s’agencent en vrai. On a également pu voir tout au long des couloirs, les cadeaux divers et variés offerts par les États membres à l'ONU.

Enfin, le clou de la visite était très certainement la salle de l’Assemblée générale, qui est vraiment impressionnante et gigantesque en vrai, surtout depuis le pupitre du président de l’Assemblée générale qui offre une vue plongeante sur la salle. Mais le plus impressionnant c’est d’être à la tribune de l’Assemblée générale, car on a vraiment l'impression de se retrouver face aux regards de tous les représentants à l’Assemblée générale (192 pays membres + les pays observateurs), c’est aussi l’endroit de la salle le plus chargé d’épisodes de l'histoire (la chaussure de Khrouchtchev, le discours fleuve de Kadhafi) et qui a vu passer les dirigeants de ce monde.

On en a bien évidemment profité pour faire les touristes et pour se prendre en photo derrière les différents pupitres (d'où ma profile picture sur Facebook). On s'est également amusé à regarder qui était placé où dans la salle. L'ordre alphabétique en anglais primant la Corée du Nord est dans les premiers rangs alors que les États-Unis sont relégués au fin fond de la salle. La France est pas trop loin de la tribune et l'Allemagne se retrouve voisine de l'Inde par exemple.

Après la visite, on est allés déjeuner à la cafétéria de l’ONU. Rien de spécial à signaler, le menu était tout à fait normal, en revanche la vue sur les rives de East River depuis la salle du restaurant était plutôt pas mal. Enfin pour tous ceux qui sont intéressés par une carrière à l'ONU (ou qui s'inquiètent du déclin de la langue française à l'international), sachez que le français est une langue extrêmement parlée à l'ONU parmi le personnel diplomatique, mais c'est peut-être l'exception qui confirme la règle effectivement.

18 déc. 2009

Finals : DONE !

Ayé, j'en ai fini avec mon premier semestre. Et mine de rien ces quatre mois ont plutôt été longs, et j'ai été rarement en manque d'occupations pendant ce semestre: beaucoup de lectures et de petits devoirs / exercices à rendre chaque semaine pour les cours, quelques projets de groupe et cas à rendre et surtout deux rapports de stage à écrire pour Audencia.

Bref, je suis content que ce semestre se termine pour partir enfin en vacances, changer d'air, penser à autre chose en faisant mon touriste, et profiter de mes premières vraies vacances depuis le début de mon stage de césure en janvier 2008.

Tiens sinon au chapitre différences et exceptions culturelles, même pour les vacances scolaires, la France et les US ont une lecture différente des choses. Alors qu'en France on carbure aux 30 semaines de cours par an (voire moins) et des vacances scolaires d'une à deux semaines tous les deux mois et une grosse pause l'été, les Américains ne prennent que des pauses de deux à trois semaines entre les semestres (automne, printemps, été), entrecoupés par les breaks qui ne sont pas de vacances mais plutôt des ponts ou des longs week-ends de révisions pour les mid-terms (partiels au milieu du semestre). Bien entendu le semestre d'été reste optionnel, mais y a pas mal d'étudiants qui l'utilisent soit pour prendre de l'avance et boucler leur bachelor en 3 ans au lieu de 4, soit pour rattraper des crédits.

Autre petit détail qui fait la différence, je n'aurais pas à attendre 2 mois comme en école / fac pour avoir mes notes de partiels et savoir enfin si j'ai validé mon semestre. Car dans ma fac, le détail des notes de contrôle continu est mis en ligne avant les partiels et j'aurais ma note de partiel d'ici lundi ou mardi (en gros en moins d'une semaine). Comme quoi c'est pratique d'organiser les cérémonies de remise de diplômes juste à la fin du semestre et pas 3 mois après le jury du diplôme, ça oblige les profs à corriger tout illico presto. :-)

Update / MàJ : Bon finalement je m'en sors pas si mal puisque j'ai deux A et deux B pour ce semestre, ce qui me fait un GPA de 3.50

Le pays du marketing

Je ne sais plus qui m'avait raconté qu'il/elle était allé/e voir Stéph Mau (une des responsables du service international de mon école à l'époque, avant qu'elle ne devienne la blonde peroxydée de l'administration) pour lui demander des conseils sur les destinations d'échanges et qu'elle lui avait répondu "si vous êtes intéressés par le marketing, le mieux c'est d'aller aux États-Unis". J'avais un peu souri à l'époque, en me disant qu'effectivement c'était sympa pour les autres pays. Cela dit, c'est vrai que les US sont un des pays leaders du marketing et ont créés des concepts qui sont déclinés tous les jours par les entreprises de grande consommation : la franchise, le Mc Do, le Subway, le Starbucks, la vente en ligne avec ebay et Amazon ainsi que des marques mondiales / entreprises phares comme Microsoft, Google, Yahoo, Facebook, IBM, Nike et bien d'autres, sans compter que Philip Kotler, le "pape" de la théorie marketing, est justement américain et prof à Northwestern (Chicago).

Malgré l'image assez négative qu'on a du marketing en France (anti-pub, anti-manipulation et espionnage des consommateurs), mes deux premières années en école de commerce m'ont surtout permis de comprendre le pourquoi du comment que le marketing existe (heureusement) et que c'est plutôt légitime de vouloir chercher à comprendre le marché pour pouvoir développer économiquement et de façon durable un concept ou un produit.

Toutefois, le market sauce Yankee, ça n'a franchement rien à voir avec ce qu'on connaît. Du fait de la multiplicité des enseignes (malgré tout ce qui peut sortir en termes de procès anti trust, je persiste à penser qu'il y a plus de concurrence aux US qu'en France), des moments de temps libre, de la réglementation sur la consommation et de l'organisation des villes, le comportement du consommateur américain est radicalement différent, parfois un peu trop aggressif pour nos coutumes européennes.

Car en plus des traditionnelles promotions, quasiment toutes les enseignes de distribution ont leur programme et leur carte de fidélité, et beaucoup de restaurants ont leurs bons cadeaux et leurs coupons de réduction en ligne. Pour ce qui est des vêtements et de la mode, tout peut s'acheter plus ou moins en solde tout au long de l'année que ce soit en ville ou dans les malls (croisement entre le centre commercial et Usine Center) pourvu qu'on prenne le temps de chercher et de comparer les offres. Et pour les voyages, il y a plein d'offres imbattables sur Hotwire pour les hôtels et sur Travelzoo pour les voyages de dernière minute. Bref, l'environnement est très compétitif et dynamique et de fait le consommateur américain est un "butineur" (encore une victoire de Blandine).

Prenons le cas de la nourriture par exemple, alors qu'en France, on aurait le choix entre trois enseignes nationales parmi Carrefour, Auchan, Leclerc, Super U et Casino + la version discount / supérette de quartier (Franprix, Leader Price, Ed, Aldi, Lidl) + le marché du coin, il est très facile de se trouver aux US dans les environs d'une bonne douzaine d'enseignes de distribution :
- Les grossistes comme Costco, Sam's club dans lequel on fait son shopping en gros dans un entrepôt (avez-vous vu des paquets de chips aussi gros qu'un sac de litière pour chat ? Moi oui !)
- Les généralistes comme Safeway, Kroger, Giant, Target, Walmart qui ressemblent à nos hypermarchés français et qui proposent également leurs propres marques de distributeurs
- Les enseignes haut de gamme : Trader Joe's, Whole Foods qui font pas mal de traiteur et d'organic (équivalent du bio sans être aussi contraignant que les normes AB en France) et plein d'autres marques de niches
- Enfin, les pharmacies / convenient stores : CVS, Rite Aid, Duane Reade, Walgreens aux horaires d'ouverture assez larges.
(Vous pouvez bien évidemment retrouver la liste entière sur Wikipédia)
Et bien évidemment les Américains qui ont un peu les moyens ne se privent pas d'aller faire leurs courses dans quatre supermarchés différents dans la même journée, histoire de trouver ce qu'ils veulent, voire de faire une bonne heure de route pour rejoindre un mall. Il est également possible dans certains coins des US (comme le mien) de faire les courses à des heures indûes, par exemple entre 23h et 6h du matin en rentrant d'une soirée ou pour aller ravitailler une soirée.

La publicité et les actions de notoriété (sponsoring) sont bien évidemment omniprésents dans la société que ce soit à la télé, les stades ou les salles de concert. Dans les salles de concert classique, les chaînes de pharmacies font généreusement don de bonbons contre la toux pour éviter aux braves "patrons" (appellation formelle des clients US) de tousser entre deux notes (j'y vois plutôt un intérêt fiscal mais bon). Dans mon stade, tous les supermarchés du coin (pour mémoire il n'y a que 30 000 personnes au plus dans ma ville) achètent des pubs durant les matchs de foot US. La présence massive du cable permet de cibler les marchés de façon phénoménale, ainsi pendant les pauses pubs à la télé on peut souvent voir des pubs pour les facs locales. Il y a aussi les pubs qu'on ne verra jamais en Europe comme les pubs de cabinets d'avocats appelant à rejoindre une class action et les clips à visée politique. Mais le must de la pub US, ça reste la pub pour les produits miracles. Concrètement c'est un clip de téléachat, qui suit toujours le même scénario ou presque : on martèle les vertus du produit avec une démonstration puis les témoignages de clients satisfaits, on présente le prix ET la promotion exceptionnelle du jour qui vous permet d'avoir 15 autres accessoires gratuits, puis la voix off répète inlassablement "Call xxx-xxx-xxx now to get" une autre offre encore plus exceptionnelle. Je vous avoue que c'est plutôt efficace ayant été tenté plusieurs fois d'appeler, mais bon finalement je me suis ravisé, pensant à la surcharge que me facturera ma compagnie aérienne au retour.

Autrement, le CRM aux US c'est sacré, surtout depuis la création de l'email. Ainsi dans la plupart des mall et des magasins de biens durables (prêt-à-porter, électroménager), on vous demandera toujours trois choses en plus de votre paiement : votre code postal, votre e-mail et votre numéro de téléphone. Parce que oui, connaître ses clients c'est vital pour une entreprise, mais pouvoir lui envoyer des offres promotionnelles c'est mieux. Bref, mieux vaut avoir une adresse mail spéciale pubs, lorsque vous faites de shopping que ce soit dans un magasin réel ou en ligne, ou simplement apprendre à dire non.

Enfin, le marketeux étant par nature un créatif, vous aurez plein de variantes, et vous recevrez notamment des offres qui vous permettent de recevoir gratuitement plein de trucs gratuits et des bons de réduction, pourvu que vous filiez vos coordonnées ou que vous vous engagiez à essayer je ne sais quoi d'exceptionnel. Sur Vistaprint par exemple (qui permet d'avoir des cartes de visites pour pas cher), on vous demande si vous avez pas besoin d'une bonne trentaine de produits dérivés à votre nom avant de valider votre commande. Dernièrement, j'ai aussi eu sur Facebook, une pub indiquant rechercher "des personnes dans l'Ohio pour recevoir gratuitement un Macbook vert et l'essayer". J'ai aussi reçu une lettre de Nielsen pour recevoir un boitier TV qui va recenser tout ce que je regarde et quand, à croire que l'opinion du type qui vit en Ile de France pendant plus de 20 ans est statistiquement moins attrayante que celle d'un type qui vit depuis 4 mois à Bowling Green, Ohio. En revanche, je veux bien qu'on m'explique l'intérêt de mettre des DJs avec de la musique bruyante dans les magasins de prêt-à-porter : abrutir le client et augmenter son rythme cardiaque durant la décision d'achat ? :)

2 déc. 2009

Rencontre avec Lawrence Lessig

Ce soir - mercredi soir donc pour ne pas perdre les bonnes vieilles habitudes, j'ai eu l'occasion d'assister à une présentation de Lawrence Lessig sur le droit de propriété intellectuel aux États-Unis.

Récit rapide. Pour ceux qui ne le savent pas Lawrence Lessig est prof de droit depuis 2008 à Harvard. Diplômé de Wharton, de Trinity College (Cambridge) et de Yale, il a notamment été assistant d'Antonin Scalia, juge à la Cour Suprême des États-Unis et prof de droit à Stanford. Spécialiste de droit constitutionnel américain et du droit de la propriété intellectuelle, c'est l'une des têtes pensantes de l'Internet libre et un des fondateurs de Creative Commons dont vous avez peut-être déjà vu le logo (CC) sur un certain nombre de sites Internet.

Bien plus qu'un prof, Lawrence Lessig c'est surtout un style de présentation assez particulier. Outre le storytelling et le sens de l'humour typique des présentations façon US, ses présentations sont connues pour leur style sobre (caractères en blancs sur fond noir, parsemé de quelques vidéos et images), ludique, dynamique et extrêmement rythmé avec environ une bonne dizaines de slides par minute, sachant que la moyenne doit être à une slide toutes les une ou deux minutes.
Pour vous donner un exemple et pour mieux comprendre le style du personnage, je vous invite notamment à regarder les exemples de présentations de Lessig sur son site
http://www.lessig.org/content/av/ (prenez la 3ème vidéo par exemple)

Sur le sujet du jour (la propriété intellectuelle), il a été plutôt bref et a simplement rappelé que si l'extension en continu des copyrights était la revendication phare des majors, leur intérêt économique et culturel restait contestable puisque la valeur actuelle nette de 10 ans de copyrights supplémentaires est négative. De plus, laisser un copyright de 70 ans après la mort de son auteur, c'était certes dans l'intérêt des héritiers, mais en termes de patrimoine culturel, ça donnait surtout le temps à l'oeuvre de tomber dans l'oubli (parce que trop coûteuse à exploiter).

En réalité, l'objet de sa venue était plus politique. En effet, malgré toutes les joyeusetés qu'on peut effectivement nous raconter sur le fonctionnement de la démocratie américaine (les primaires ouvertes, la vitalité de la presse et du militantisme, le fait de pouvoir accéder aux responsabilités sans forcément avoir ses classes dans l'establishment politique pendant 30 ans, la diversité ethnique et sociale des représentants du peuple), il y a quand même un certain nombre de défauts dont on ne parle qu'assez épisodiquement : la discours de la terreur que Michael Moore avait dénoncé dans Fahrenheit 9/11, mais qui revient en force ces dernières semaines avec les sorties de Michelle Bachmann et de Sarah Palin sur le socialisme supposé d'Obama et sur la réforme de santé, mais aussi le poids du lobbying et l'économie de l'influence qui règne sur le Capitole et qui explique qu'un certain nombre de dispositions légales passent au Congrès sous une forme plus ou moins loufoque. Par exemple le Congrès a autorisé l'attribution d'un crédit d'impôt fédéral de 4200 à 5500 dollars pour l'achat d'un véhicule électrique, y compris les voiturettes de golf !!!! (Ce qui au prix actuel, diminue le prix de la voiturette à rien du tout).

Certains sites aux États-Unis mesurent également l'influence et le pouvoir d'un parlementaire au nombre d'earmarks décrochés pour sa circonscription. Un earmark est simplement un terme technique pour désigner l'attribution définitive d'un financement fédéral pour un tel type de projet (dans les limites de l'enveloppe votée par le Congrès), bien entendu un earmark fait l'objet d'âpres discussions car en général l'objet de la discussion n'est pas tant l'intérêt général que le montant des earmarks qu'on ramènera pour sa circonscription.

Bref, à l'heure des débats sur la réforme de santé, la création d'un marché de crédits carbone et des négociations sur le changement climatique, l'objectif de Lessig était de réveiller un peu l'auditoire, car au vu des enjeux et des défis à venir, le système du lobbying risque de ne pas vraiment aller dans le sens de l'intérêt général mais plus dans le sens des intérêts privés. Et il ne sert à rien d'espérer un changement de la position américaine simplement par la présence messianique d'Obama, sans changement significatif au sein du Congrès américain qui vote la guerre, les lois et les budgets. Lessig a donc passé les dernières minutes de son exposé à nous présenter Change Congress mouvement militant créé dans la perspective des élections de 2010 pour dénoncer (à coups de pubs négatives) les parlementaires sous influence ou dont le vote ne semblerait en tout cas pas vraiment en phase avec les aspirations des électeurs de leur circonscription.

25 nov. 2009

À mes fidèles lecteurs...

La fin de l'année approchant j'ai plein de choses sympas qui s'accumulent : rapports de stage, projets de groupe, partiels et mine de rien ça ne me donne pas forcément beaucoup de temps pour commenter l'actu aux US et vous donner des news, donc voilà ne vous étonnez si je suis de plus en plus silencieux. Je posterai probablement quelques photos de mon Thanksgiving à Chicago (avec John Williams et tout plein d'Audencia) et de mon winter break à Boston / NYC / Washington. Autrement, je reviens sur Paris le 29 décembre pour deux semaines donc si certains d'entre vous sont dans les parages, n'hésitez pas à me faire un petit signe.

En tout cas merci à vous tous qui me suivez par-delà les océans comme l'indique cette sympathique carte Google (désolé la qualité est pas très bonne)... par contre je suis curieux de savoir qui me lit depuis Louveciennes et Saint-Ouen-l'Aumone.


A bientôt.


21 nov. 2009

Un message du gouverneur

Pour ceux qui seraient un peu plus normaux et un peu moins accros à rue89 que moi, voici quelques news de l'Amérique avec un petit message du gouverneur Schwarzenegger somme tout relativement banal mais qui est un peu crypté quand même. Arnold refuse de promulger une loi votée à l'unanimité par le Parlement californien pour faire des aménagements dans le Port de San Francisco, parce qu'au vu de la crise budgétaire actuelle, il y a probablement des projets plus urgents. Bref, voici le message.



Vous n'y voyez toujours rien de spécial ? Et maintenant ?

15 nov. 2009

Le hockey, ça déchire


Beaucoup de matchs ce week-end sur le campus : basket féminin, basket masculin, volley, hockey principalement et il a bien fallu faire un choix parmi toutes ces possibilités et on a finalement opté pour le hockey avec Barbara et Felix, les Allemands de ma classe, tout simplement parce que c'était le sport qui nous était le plus mystérieux. Bon par contre, j'ai pas essayé la séance de curling qui nous était proposée juste avant le match, ça sera malheureusement pour une autre fois.



Bilan du match, on est devenus de vrais fans du hockey parce que :
1. c'est un sport où y a de l'action et où on s'arrête assez peu alors qu'au football américain on s'arrête à chaque phase de jeu et dès que le ballon touche le terrain c'est-à-dire toutes 30 secondes en moyenne.
2. c'est vraiment intense, les types se baladent de part et d'autre de la patinoire tout le temps. C'est d'autant plus spectaculaire avec les changements de joueur, qui se font en quelques secondes alors que le jeu lui continue.
3. c'est un sport virtuose vu la taille minuscule du palet.
4. c'est un sport où y a de l'action et où peut suivre le match de très près, cf. vidéo.

Bref une expérience à renouveler.
Sinon question à part, y a-t-il des gens qui pensent aller à Vancouver pour les jeux d'hiver ?

12 nov. 2009

La publicité est morte...

... vive la publicité !!!!

Ne pouvant afficher les vidéos sur Blogger directement, je vous laisse découvrir ce nouveau concept graphique à travers ces deux vidéos.
http://vimeo.com/4238052
http://vimeo.com/6865392

Je ne sais pas à quel point c'est révolutionnaire, ou si c'est purement gadget mais j'y vois deux avantages :
1. Ça va être difficile de rater une pub dans la rue, surtout les premières fois. Par contre je sais pas si ça va augmenter l'accidentologie en milieu urbal.
2. Enfin, on va arrêter de se faire ch*** dans les expositions d'art contemporains avec des installations vidéos complètement indigestes. J'espère qu'ils reprendront ce concept lors des prochaines Nuits Blanches à Paris (reste à savoir combien ça va coûter au contribuable).
J'attends aussi de voir ce que ça va donner sur Times Square sans les écrans géants qu'on a toujours eu l'habitude de connaître.

11 nov. 2009

Madoff : SELL

Simplement pour signaler une vente aux enchères qui a fait les titres du Wall Street Journal hier, intitulée "US Marshall Service National Jewelry Auction" et organisée par Gaston & Sheehan, c'est tout simplement la vente aux enchères des biens personnels de Ruth et de Bernard Madoff. Une semaine après la vente des œuvres d'art de Lehman Brothers.

La vente aura lieu samedi à partir de 10h à New York. Les collectionneurs pourront entre autres faire l'acquisition de bijoux, fourrures, sacs à main, clubs de golfs, oeuvres d'art, ceintures, montres (beaucoup de montres, donc si Julien Dray me lit...), de la vaisselle et de l'argenterie, des goodies de hockey et de football américain ayant appartenu au célèbre financier.

Dans les trucs un peu originaux on trouvera notamment ceci

Autrement pour tous ceux qui souhaitent consulter le catalogue de vente c'est ici

9 nov. 2009

Du socialisme...

Disclaimer : Tout rapprochement avec les commémorations des 20 ans de la Chute du Mur de Berlin est purement fortuit et ne saurait être imputé à l'auteur de ce blog.

De mes récentes discussions avec mes camarades de classe européens, il semble qu'on ait atteint ces derniers jours, un point de saturation dans nos rencontres avec l'Amérique profonde.

Tout part d'une boutade innocente de J., un type de la classe qui parle allemand, anglais, français et italien, qui se présente plus ou moins comme "socialist" pendant la semaine de la rentrée, simplement pour dire qu'il ne partage pas les convictions libérales des Américains. Cela dit, s'affirmer en tant que "socialist", c'est comme si chez nous prétendait se consacrer à la restauration d'un modèle de société vieillot et idéologiquement dangereux, donc stupeur et désarroi parmi les Américains ce jour-là qui ont peut-être pensé avoir un cas social dans la classe. (Souvenez des types de la Ligue qui vous abordaient à la sortie du lycée...)

Partant de là, plusieurs rebondissements ont eu lieu, notamment lors de discussions en cours sur le contrôle des armes et sur la création d'une assurance santé universelle et obligatoire aux États-Unis. Rien de bien intéressant si ce n'est quelques claquages de portes et haussements de ton. Cela dit constater qu'un certain nombre de personnes dans ma classe envisagent l'achat d'une arme à feu court terme, c'est... inattendu. Et le véritable intérêt de ce genre de discussions c'est que ça nous a permis de repérer les "républicains de base" dans les promos (i.e. ceux qui n'aiment ni l'intervention du gouvernement dans les affaires économiques, ni les taxes, sont contre l'avortement et le mariage gay, pour les armes à feu, pour la liberté totale d'entreprise et pour l'énergie pas chère en caricaturant un peu voire pas du tout). Et de voir à quel point l'ethnocentrisme et l'individualisme peut être puissant surtout lorsqu'il se justifie a coups d'arguments de bon sens ("pourquoi obliger tout le monde a payer une assurance maladie obligatoire surtout qu'on n'en a pas besoin, qu'on est en bonne santé et qu'on fait du sport ?" "pourquoi vouloir subventionner sur les deniers publics des gens qui ont pas vraiment bossé pour avoir leur assurance et qui vont coûter cher à la societe s'ils se soignent ?" "pourquoi je n'aurais pas le droit de pointer un flingue en direction d'un type arme qui entrerait chez moi par effraction ?").

Mais voila la boutade a repris de plus belle ces derniers jours sur Facebook, lorsqu'un type de la classe publie (simplement pour rigoler je pense) cette note intitulée : An interesting test of socialism
An economics professor at Texas Tech said he had never failed a single student, but had once failed an entire class. The class (students) insisted that socialism worked since no one would be poor and no one would be rich, a great equalizer. The professor then said, "OK, we will have an experiment in this class on socialism." "All grades will be averaged and everyone will receive the same grade so no one will fail and no one will receive an A." After the first test the grades were averaged and everyone got a B. The students who had studied hard were upset while the students who had studied very little were happy. But, as the second test rolled around, the students who had studied little studied even less and the ones who had studied hard decided that since they couldn't make an A, they also studied less. The second Test average was a D. No one was happy. When the 3rd test rolled around the average grade was an F. The scores never increased as bickering, blame, name calling, all resulted in hard feelings and no one would study for anyone else. To their great surprise all failed. The professor told them that socialism would ultimately fail because the harder people try to succeed the greater their reward (capitalism) but when a government takes all the reward away (socialism) no one will try or succeed.

S'ensuit des interventions d'un type bien droit dans ces bottes, pour clamer la suprématie historique du capitalisme libéral sur toute autre forme d'organisation de la société et notamment le socialisme. (Pour mémoire, la Chute du Mur de Berlin c'était y a vingt ans.) Pour preuve, le PNB par habitat ajusté à parité de pouvoir d'achat est ostensiblement supérieur et les États-Unis comptent pour la moitié des milliardaires du monde. Oui c'est vrai que les U.S. sont très forts pour maximiser leur PNB mais qu'en est-il de toutes les externalités négatives (pollution, mauvaise utilisation de ressources, obésité, cancer et autres sujets de santé publique, inflation folle des dépenses de santé, consommation à crédit et endettement des ménages) ? Là encore, monsieur a réponse à tout et s'excuse pour ses concitoyens qui se comportent mal et qui polluent et pour les abus du secteur de la santé, mais c'est la faute du gouvernement qui a fausse le jeu du marche et de la concurrence, d'où ce genre de comportement non citoyen.

Hypothèse douteuse, dans la mesure où c'est quand même le Congres américain et l'administration Obama qui ont mis la main a la pâte pour restructurer le secteur automobile US pour qu'ils se calment sur la production de 4x4 et enfin proposer un plan pour appliquer les accords de Kyoto. D'autre part, l'inflation des couts de la santé aux États-Unis se justifie en grande partie par les pratiques des professionnels de santé américains : tarification à la gueule du client (vous êtes assuré ? bon bah on va revoir tout ça à la hausse... vous l'êtes pas ? on va faire un geste commercial...) prescriptions abusives, parsemés de tests inutiles (mais qu'on fait au cas où) et absence de plafonnement des prix qui pousse à l'inflation pour rentabiliser les brevets et permettre aux professionnels de santé de se protéger financièrement contre les risques judiciaires en cas de problème. Le deuxième problème structurel c'est le vieillissement de la population qui pèse sur les comptes publics, en effet Medicare permet la prise en charge une partie des dépenses de santé pour tous les retraités par la Sécurité sociale, donc autant en profiter puisqu'on y a droit.

La solution selon lui : éduquer les gens pour qu'ils puissent prendre les bonnes décisions et faire les bons choix et surtout faire en sorte que le gouvernement n'intervienne plus dans le système, autrement dit, j'ai nommé le capitalisme moral et éclairé. En plus c'est pas lui qui le dit, c'est Adam Smith et sa main invisible qui nous font signe que le capitalisme libéral assis sur la spécialisation des tâches et la division du travail est le meilleur système économique jamais inventé, une fois débarrassé de la férule gouvernementale. Là encore une fois, je doute que le bon pasteur Smith ait eu une quelconque conscience d'un capitalisme quelconque et surtout d'un capitalisme sans gouvernement temporel, reposant sur la bonne volonté éclairée des individus et sans la menace crédible d'un jugement divin.

Bref ça nous a pas mal étonné de voir parler de socialisme sur la place publique, alors qu'on est ni chez Chavez ou Morales, ni en Asie et que les socio démocrates en Europe semblent dans une impasse intellectuelle et politique. Comme quoi l'Amérique c'est magique. L'ironie dans cette histoire c'est qu'un capitalisme moral où tous les acteurs économiques se comporteraient rationnellement et de façon éthique / optimale à tel point que le gouvernement ne trouverait plus de justification à son existence... et bien ça n'est rien d'autre que la définition du communisme comme stade ultime de l'histoire par Marx. Évidemment je ne lui ai pas fait la remarque de peur que je me fasse arrêter par le FBI d'ici quelques minutes pour militantisme gauchisant ou de faire agresser physiquement pour pensée déviante. Et certes, dans la théorie marxiste, y a encore la lutte des classes et l'abolition de la propriété privée au programme. (Quoi qu'on peut y trouver une justification).

J'arrête là la séquence de krypto-communisme, il n'empêche que c'est drôle de voir à quel point même dans une société qui est proche de l'Europe, les sujets sont souvent vu à travers les prismes traditionnels. En effet, derrière les jeux d'opposition "libéral c'est génial aux U.S. = anarchiste ou ultralibéral en Europe"et "socio-démocratie c'est sexy en Europe = socialisme maléfique aux U.S." c'est surtout le choc entre les différences culturelles qui est encore à l'œuvre sous couvert de discussions politiques, sachant qu'au final on défend tous de la même façon un idéal de société. Le must étant ici de constater les inerties qui poussent certains à juger plus qu'à comprendre et analyser (voir un type parler de socialisme alors que ça fait 20 ans que la Guerre Froide est finie et affirmer de façon purement idéologique qu'il faut se débarrasser du gouvernement à tout bout de champ) dans un pays souvent érigé en modèle en France en termes d'innovation et d'intégration au changement.
Enfin, le plus étonnant de mon point de vue c'est de retrouver les découvertes de Claude Lévi-Strauss sur le fonctionnement des cultures là où on ne s'y attend pas vraiment (à moins de considérer que les habitants de Bowling Green sont une tribu indienne aux moeurs étranges). En attendant Camarades, la lutte continue...

7 nov. 2009

Diwali, Festival of lights

Wassup in the Midwest cette semaine ? Ma foi pas grand chose. En dehors de l'actualité politique (les casinos en Ohio, la réforme de l'assurance-santé qui continue d'accoucher dans la douleur, et un médecin militaire forcené qui a abattu une bonne vingtaine de ses collègues de caserne), j'ai surtout eu un peu plus de temps pour moi, pour dormir, pour aller faire les courses, pour ranger ma chambre et pour blogger, donc je savoure en toute sérénité (oui, oui, le temps libre ça se savoure, comme un macaron Pierre Hermé, un cookie Marks&Spencer, un cheesecake de Cheesecake Factory ou un cupcake de Georgetown Cupcake !).

Autrement, notre speaker de la semaine c'était Jeff Twyman, fondateur de GreenLine, un des précurseurs des légumes prédécoupés, prélavés et prêt à l'emploi pour nous parler d'entrepreneuriat. Son histoire est assez intéressante, car s'il a eu l'idée assez tôt dans les années 1980, son produit et son concept ont mis plus de 20 ans à se développer. Pourquoi 20 ans ? Parce que, selon Jeff, c'était le temps nécessaire pour lui d'affiner et de tester le concept, de peaufiner le circuit d'approvisionnement et de distribution pour avoir des produits disponibles tout au long de l'année et enfin pour apprendre de façon autodidacte le métier de fournisseur de légumes frais et toutes les recettes de marketing qu'on nous apprend plus ou moins en école et en stage. Mais surtout c'était le temps nécessaire pour lui de faire mûrir son concept sur le marché. En effet, pendant 20 ans, il n'a vendu ses produits et ses légumes frais que chez les professionnels de la restauration, avec un chiffre d'affaires d'environ 20 à 30 millions de dollars.

C'était également l'occasion d'aller ce vendredi au dîner de Diwali organisé par l'association des étudiants indiens du campus. Diwali ou fête des Lumières est une des principales fêtes populaires en Inde, célébrée à la fois chez les Hindous, les Sikhs et les Jaïns avec moult illuminations et feux d'artifice. Elle marque notamment le début de la nouvelle année dans le Nord de l'Inde. Pour plus de détails et un témoignage sur place (photos à l'appui) je me permets de vous renvoyer sur Wikipédia et sur le blog de Matthieu qui est en ce moment à Bangalore en Inde. Bon malheureusement, pas de feu d'artifice à Bowling Green, mais on a quand même passé une soirée sympa avec les étudiants indiens de la classe ainsi quelques autres étudiants de ma classe, autour d'un repas indien avec musique et danses traditionnelles. J'ai surtout profité pour discuter avec les étudiants indiens pour avoir un peu leur opinion de ce qu'ils pensaient du programme, des U.S., de l'Inde et pour discuter de tous ces poncifs qu'on nous a asséné durant la prépa sur l'Inde (Gandhi, les castes, la grande démocratie, le hi-tech etc.) sans jamais avoir pu avoir de témoignage ou de discussion un peu concrète sur le sujet. La difficulté c'est que l'Inde c'est grand et c'est très différent d'une région à l'autre. C'est comme si on me posait des questions sur l'Espagne ou sur l'Allemagne, géographiquement, je sais où les placer, je connais vaguement quelques boîtes et noms de plats, quelques grandes villes, je saurais probablement citer des personnages politiques ou des noms d'artistes, mais honnêtement ce que j'en comprends de ce pays... pas grand chose. Donc typiquement sur la question des castes, ils te répondront que dans les grandes villes, le poids des castes diminue certainement (sauf pour les fonctions religieuses) parce qu'avec l'urbanisation et la tertiarisation, de nouveaux métiers apparaissent et ne font pas sens dans le système des castes. Reste évidemment la question des zones rurales, mais c'est là aussi il faut peut être éviter de coller des étiquettes aux gens dans la mesure où tous les Indiens de ma classe viennent d'abord de grandes villes.

Bon malheureusement, on a dû écourter nos conversations sur l'Inde pour passer à un autre sujet : Don Quichotte, qui était à l'affiche du théâtre universitaire. Spectacle de 1h30 avec en première partie une version de Don Quichotte par Manuel de Falla pour théâtre de marionnette et en deuxième partie, une version de Telemann en forme de Suite pour Orchestre. J'avoue que je n'ai pas trop adhéré aux marionnettes, même si c'était intéressant comme concept. Par contre la deuxième partie était assez bluffante, car en fait c'était un mini opéra avec une mise en scène vraiment bien ficelée et des chanteurs de bon niveau (bons certes c'est des étudiants en musique, mais faut avouer que c'était plutôt inattendu). Bref une soirée sympa, qu'on a terminé à cinq à minuit... en train de faire nos courses au supermarché :)

5 nov. 2009

C'est le Nord, le vrai...


Ça y est c'est l'hiver, ma maman va pouvoir m'envoyer des doudounes et des cartons de soupe en brique... le pire c'est qu'on a commencé à parler météo avec le chauffeur de bus ce soir en rentrant, et j'ai pas su quoi répondre quand il m'a dit "si si, d'ici 10 jours on sera en hiver". O_o T_T


Sinon une découverte assez sympa dans le champ juste derrière chez moi : les restes d'un violent crash de citrouilles.


3 nov. 2009

Casino !

(à prononcer avec l'accent sinon c'est pas marrant)

Comme promis, un billet pour parler de politique et d'économie locale.
Aujourd'hui 3 novembre, jour des élections générales, on vote pour tout un tas de choses à travers les États-Unis, renouveler les élus au conseil d'administration des écoles, au conseil municipal jusqu'au gouverneur de Virginie et du New Jersey (qui devraient voir deux gouverneurs républicains remplacer deux gouverneurs démocrates).


On vote également pour des "issues" dont vous avez sûrement déjà entendu parler à propos des votes sur l'interdiction / autorisation du mariage gay ou de la peine de mort dans tel ou tel État fédéré. Je ne mets pas les deux sujets sur le même plan, mais c'est ce qui ressort en général dans la presse française. Concretement, les "issues" ce sont tout simplement des propositions d'amendement à la Constitution de l'État local et qui sont soumises au suffrage universel.

Cette année dans l'Ohio, on vote pour trois propositions que vous pouvez retrouver ici en VO. Le document est assez bien fait, il y a non seulement le texte en lui-même, mais aussi un exposé des motifs, une présentation simplifiée du texte, un argumentaire pour et un argumentaire contre et les conséquences en cas de vote positif ou négatif. (Si seulement on avait eu tout ça au moment du référendum sur la Constitution...).

Autrement, en version traduite et abrégée ça donne :
- Objectif de la proposition 1 : autoriser l'État de l'Ohio à émettre 200 millions de titres obligataires (de la dette) pour financer des pensions allant de $100 a $1,000 par mois de guerre pour les veterans d'Irak et d' Afghanistanou, de $50 a $500 par mois pour ceux qui auraient servi ailleurs et enfin de $5,000 à titre posthume.
- Objectif de la proposition 2 : créer un conseil de surveillance des conditions de vie des animaux d'élévage (pas compris l'intérêt de le mettre dans la constitution de l'Ohio mais bon, si un AgroParisTech passe dans le coin, je veux bien une explication et sans poussin de 1 jour si possible)
- Objectif de la proposition 3 : autoriser la création et la construction d'un casino à Cincinnati, à Cleveland, à Colombus et à Toledo.

Cette dernière proposition fait pas mal de remous car sur les 20 dernières années, les habitants de l'Ohio ont déjà rejeté ce genre de propositions par 4 fois. La cinquieme serait-elle la bonne ? Pour ses partisans, la mesure créerait 34 000 emplois, 650 millions de revenus fiscaux et 11 milliards de revenus indirects (soit 2.5% du PIB) et c'est plutôt bienvenu dans un État où le chômage est à 10.1%, voire 15% dans certains counties. Car oui, la crise de l'automobile et de l' immobilier est passee par la. Les restructurations dans l'automobile auront coute 100 000 emplois industriels et la chute des prix immobiliers de 22% en un an a Detroit (la grande metropole pas loin de la frontiere nord de l'Ohio) n'augure rien de bon surtout lorsque les autorites locales envisagent de raser une partie de la ville pour faire face a la diminution du nombre d'habitants. Et c'est ce qui risque de peser le plus dans la balance notamment dans le nord de l'Ohio (vers Cleveland) et dans le Sud (vers Cincinnati) qui sont particulierement touches. Quelques bureaux de vote ont meme ete a court de bulletins, tant l'ouverture de ces casinos peut avoir un impact pour l'emploi local.

Mais ce qui est surtout interessant de voir c'est que si les argumentaires dans la presse et dans les meetings sont plutot d'ordre moraux (augmentation de la criminalite et de la pauvrete, abandons de famille, addiction au jeu, impot sur les pauvres etc.), les videos qui passent a la tele donnent plutot dans le "patriote" (limite nationaliste pour ma part). Exemples choisis (on notera le choix des accompagnements sonores).

Videos "pour"
http://www.youtube.com/watch?v=A37-KlQ6g0E

http://www.youtube.com/watch?v=OOCr9cKC-po


Videos "contre"
http://www.youtube.com/watch?v=U48Phg2ETiY
http://www.youtube.com/watch?v=AnKqH3000Lo
http://www.youtube.com/watch?v=rgGPvcddi4s

http://www.youtube.com/watch?v=3wSTq7ENYUo


D'autres videos
http://www.youtube.com/watch?v=UeSL4CfNBFU


En pratique, l'enjeu est de taille pour tous les Etats limitrophes de l'Ohio (Michigan, Illinois, Virginie Occidentale, Pennsylvanie) qui ont deja des casinos. Un article recent dans le Wall Street Journal indiquait justement que dans le Midwest, les casinos ne s'en tiraient pas si mal Detroit n'ayant connu qu'une baisse de revenus de 25% contre 40% pour Atlantic City et 47% pour Las Vegas, les deux capitales du jeu aux Etats-Unis.

Pour les Etats voisins, voir apparaitre des casinos dans l'Ohio c'est pas forcement une super nouvelle pour eux, car ca signifie moins de clients donc chute des revenus directs et indirects, moins d'emplois, moins d'impots locaux etc. Alors que dans l'Ohio, il faut voter "oui" pour garder les jobs et les impots, diminuer les deficits, financer les universites (etc. c'est vraiment fou tout ce que peut faire un casino) surtout en temps de crise ou alors voter "non" parce qu'on va faire entrer des travailleurs etrangers sur notre Etat et que les casinos vont se faire de la maille sur l'interet public (argument du complot)...

Soit, mais outre les argumentaires a consonnante frontiste, en quoi est-ce vraiment moral de compter ouvertement sur l'economie du jeu pour developper un territoire (Ohio ou pas) ? Il semblerait que les casinos soient une solution de facilite face a la crise, mais aussi face aux enjeux en matiere de developpement durable / emissions de CO2, d'assurante-sante et de deficits publics. Tout ca va couter une somme folle, mais pour le moment les Americains (a travers le mouvement des /Tax Enough Already/ TEA party) ne semblent pas vouloir entendre parler d'augmentation d'impots. Le poker et le black jack vont-t-il nous sauver du rechauffement climatique ? Peut-etre bien, en attendant j'avoue que c'est plus tentant (de fait) de payer ses impots sur une table de jeu avec des jetons en sirotant un mojito, que d'ecrire un cheque au centre des impots. Encore un paradoxe de la libre-entreprise et de l'indispensable satisfaction du consommateur-citoyen... :)


Update : la proposition 3 est finalement passee a 53% et la carte des votes qui indique clairement que la carte du "oui" recoupe largement la localisation des futurs casinos (sauf a Colombus).

30 oct. 2009

Halloween

Quelques nouvelles rapides de l'Ohio et d'Halloween.

Surtout pour dire que je n'en ai pas fondamentalement vu grand chose. Y a certes plein de maisons décorées avec des citrouilles voire plus, et durant toute la semaine diverses activités étaient organisées : ateliers de sculpture de citrouilles, October Fest avec le German Club, Cluedo à la Maison française, sur fond de campus redécoré et d'employés déguisés de façon plus ou moins ridicule, beaucoup de vent et de feuilles qui volent par conséquence. Y a aussi des gens habillés bizarrement qui ont passé la semaine à se tirer dessus sur le campus à coups de fléchettes en plastique... mais bon je suis passé au travers de toutes ces joyeusetés et je me suis surtout barricadé chez moi et/ou à la bibliothèque, vivant de nourritures spirituelles et de readings pour boucler mes deux papers de la semaine (un sur les méthodes de travail en prépa et un autre sur l'accès aux médicaments dans les pays en développement et l'évolution future du modèle économique des labos pharmaceutiques). Ça risque d'être tout aussi marrant et intense la semaine prochaine vu que j'ai un partiel de finance, plus les devoirs habituels et la perspective de mes rapports de stage à rendre pour la fin du mois.

Cela dit j'ai eu une journée assez rafraîchissante ce vendredi avec une conférence avec Gene Poor, il ne vous dit rien et c'est bien normal. Bon cela, par conscience professionnelle, je vais quand même sur Google, et en gros c'est surtout notre Gilles Certhoux / Monsieur Entrepreneuriat à Bowling Green, prix Ernst&Young Entrepreneur de l'année 1994. Il est notamment le fondateur de Life Formations, une PME de Bowling Green qui produit des répliques humaines animées qu'on retrouve dans les musées, les parcs d'attraction, les restaurants etc. Pour savoir s'il y a une réalisation de Life Formations par chez vous, il suffit de cliquer sur le lien et une gentille Google Maps va apparaître.
http://www.lifeformations.com/projectlocations.html



La présentation du jour portait sur la créativité et sur l'innovation. Rien de fondamentalement nouveau par rapport à ce qu'on a pu voir à Audencia en stratégie et en entrepreneuriat : type de créativité, comment être créatif, mettre tout ça en place ou aller pêcher des idées... Ce que j'ai surtout adoré c'est surtout sa définition de ce qu'on apprend à l'école fondamentalement à l'école : ABC... Avoid Being Creative, car certes on ingurgite beaucoup de choses et les profs appellent ça épanouissement intellectuel, mais derrière les devoirs, les horaires et les exercices, on nous apprend (dresse ?) à rentrer dans le rang, ce qui est pas forcément top en termes de créativité et de prise de recul par rapport à ce qu'on fait, alors que tout le monde, au fond de lui-même a les ressources pour être créatif (mais si souvenez de vos "bêtises" quand vous étiez tout petit et vos rêves de gosse...). Moralité : déconnez un bon coup ou faites une régression infantile de temps en temps, c'est bon pour la créativité et ça libère les chakras :)

C'est tout pour aujourd'hui. La semaine prochaine outre la joie d'aller en cours, je pense que le thème de mon billet sera : Comment survivre à une énième semaine en mode prépa en fêtant tout ça vendredi avec les Indiens du Campus (Diwali). Je risque aussi de parler un peu politique car il est absolument vital que vous soyez au courant de l'actualité politique en Ohio. Non plus sérieusement y a plusieurs référendums (issues) qui vont être soumis au vote la semaine prochaine et donc j'en dirais quelques mots.

En attendant Thanksgiving et des vacances bien méritées... Take care les gens :)

23 oct. 2009

Dans le fin fond de l'Ohio

Aujourd'hui réveil à 5h30 du matin pour un day trip au fin fond de l'Ohio. Nous allons visiter deux entreprises avec ma classe : Longaberger à Newark et à Dresden, OH puis Scotts à Marysville, OH. Ces noms de boîte ne vous disent rien ? et bien moi non plus...


Après plusieurs heures de route dans les champs et les forêts de l'Ohio, nous sommes arrivés chez Longaberger, grosse PME de l'Ohio dont l'activité principale consiste à fabriquer et à vendre (en ligne ou auprès des grossistes) des paniers en osier. Ils proposent également des services de décoration intérieure qui permettent de faire la promotion des paniers et de la vaisselle maison. On a pu visiter le siège de Longaberger en forme de panier (cf. photo), leur sapin de Noël en paniers, la nouvelle collection "college sports", leur centre de logisitique et de distribution, ainsi que leurs ateliers de fabrication. Par contre au niveau prix, j'ai pas l'impression qu'ils font dans le caritatif (compter $30 pour la petite corbeille à pain et $60-100 pour un panier de taille normale). Et vu les personnes qui visitaient les ateliers avec nous, la clientèle cible c'est visiblement plus les gens huppés ou d'un certain âge. Mais bon au final, c'était assez sympa de découvrir les méthodes industrielles et logistique de cette grosse PME.

Direction ensuite Scotts-Miracle Gro à Marysville (là où y a une usine Honda notamment) chez un des leaders mondiaux des produits d'entretien pour le jardin : engrais, semences et pesticides et depuis tout récemment ils font dans les attrape-rongeurs. En France on les connaît plus sous les marques KB, Fertiligène et Roundup. On a eu droit à un tour au siège où pullulent les souris géantes gonflables, histoire de faire la promo de leurs derniers produits, leur centre de santé et de sport (pour découvrir leur politique de responsabilité globale notamment) et aussi dans leur centre de recherche où on a parlé capture du carbone, bioengrais et biopesticides, réglementation des produits chimiques, expérimentations de différents types d'engrais pour gazon (notamment pour les terrains de sport) pour finir avec les insecticides où en gros la présentatrice s'est amusée à flinguer des cafards dans des boîtes de plexiglas. Bref c'était assez marrant comme visite, on a même eu un joli parapluie aux couleurs de Scotts, ce qui était pas idiot, vu qu'il a plu tout la journée.

Autrement rien de spécial pour le week-end, j'ai surtout pas mal de papers à rendre pour la semaine prochaine et je pense que ça m'occupera pas mal. D'ici là portez-vous bien.

15 oct. 2009

Midterms

Ma semaine de midterms (examen de milieu de semestre) est enfin passée. C'est là quand même où je me rends compte que c'est dur de reprendre la vie étudiante après 19 mois d'interruption et parce qu'aussi j'ai perdu l'habitude des exams de moins de deux heures depuis le lycée.

Bref j'ai essayé tant bien que mal de cavaler pendant mon heure et demie maxi, je sais pas trop ce que ca va donner au final, je sens qu'il va y avoir beaucoup de déchet et va falloir se battre pour pêcher un A à la fin.

Pour fêter la fin des midterms, on s'est finalement fait un lunch avec une partie de la classe (ce qui est assez exceptionnel parce que d'habitude on ne déjeune pas vraiment ensemble), puis on a passé l'après-midi à jouer au beer pong. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est juste un jeu à boire qui oppose deux personnes / équipes. Des gros gobelets remplis de bière (un fond pas plus) sont disposés de part et d'autre d'une table et l'objectif c'est simplement de mettre une balle de ping-pong dans les gobelets adverses. Lorsqu'on marque, l'adversaire doit boire le gobelet et on reste en jeu tant qu'on a encore des gobelets remplis de bière devant soi.
Bon j'avoue j'ai pas fait un score parfait (10% de réussite je pense) mais ça doit pas être trop mal pour une deuxième fois.

Sans vouloir faire de sociologie du beer pong, c'est juste un jeu simple qui peut se jouer en intérieur pour passer le temps et sans enjeu notable. On peut boire avec modération et puis surtout ça permet aux brasseurs ricains d'écouler leur biere light abominable. Bon par contre avec la grippe aviaire, y a des placards sur certains campus pour apprendre aux étudiants à jouer au beer-pong en toute hygiène et sécurité.

Au final, on s'est bien amusé d'autant qu'on a pu suivre au même moment en direct sur toutes les chaînes de news, le périple d'un mini dirigeable avec à son bord Falcon, (qui est un vrai con pour le coup) un petit garcon de 6 ans dedans. (Update : on apprendra par la suite qu'il n'y avait pas de petit garçon dedans et que c'était tout un simulacre de la famille pour pouvoir passer à la télévision). Bref encore une après-midi sympa comme j'en ai pas eu depuis longtemps mais bon je préfère nos bonnes vieilles soirées open bar (sauf quand un certain A.... est aux platines).

13 oct. 2009

Chicago story

"Alliant le charme et la démesure des metropoles nord-américaines, Chicago est une ville agréable, aérée et beaucoup moins surpeuplée que les métropoles de la côte Est. La proximité du Lac Michicgan et la présence de nombreux parcs ainsi que d'une offre culturelle et de transports de qualité en fait certainement l'une des villes les plus agréables du monde." voilà ce que dirait en substance Le Guide du Routard version Le Chat.

Nan, vraiment ça m'a fait énormément de bien de faire un break, et de retourner un peu dans la civilisation (i.e. un endroit dans le monde avec des transports en commun et où les immeubles ont plus de deux étages) et malgré les températures hivernales (0 à 3°C au réveil) c'était vraiment sublime et j'ai passé un super week-end !!!

Vendredi, découverte rapide de la ville. Le centre-ville de Chicago ("Loop") est vraiment agréable à visiter. Le métro aérien ceinture les magnifiques gratte-ciels qui composent ce quartier et en marque la limite. En termes d'architecture, c'est vraiment inégalé et bien plus joli que La Défense. On se pose ensuite à l'auberge de jeunesse qui est au nord de la ville et qui ressemble beaucoup à Georgetown. Retour ensuite dans le Loop pour profiter du crépuscule, des magasins de Magnificent Mile et des lumières de la ville une fois la nuit tombée.

Samedi, balade dans le Millenium Park (là où il y a le fameux Cloud Gate et les installations de Frank Ghery) et sur les bords du Lac Michigan et visite de l'Aquarium (cher, mais vraiment sympa) avant de retrouver Julien fraîchement arrivé de D.C. pour le déjeuner, puis rebalade dans la ville et frénésie de photos en mode touriste. Ensuite parce qu'il fait trop froid, on décide avec Julien de se poser dans un bar au 96ème étage de la Hancock Tower, histoire de regarder un peu le paysage d'en haut et de profiter du soleil.
Le soir, je me dirige vers l'opéra de Chicago pour mon premier opéra de la saison (oui !!!). Le bâtiment est super classe, l'ambiance est assez huppée (jumelles de rigueur) et les ouvreuses portent des capes de Batman (sisisi) pour se protéger du froid. Ce soir, on joue Tosca (jamais vu, mais en fait c'est pas une grosse perte car concrètement Tosca c'est juste l'histoire d'une diva un peu jalouse qui casse les bonbons à son mari, reçoit les avances d'un flic crapuleux qu'elle finit par tuer, voit son mari se faire tuer par les acolytes du flic pourri et finit par se suicider, tout ça sur fond de campagnes napoléoniennes en Italie).
Bilan de ma soirée : déçu par une distribution pas vraiment adaptée à un opéra italien (vraiment, t'as rien raté Claudia), même s'ils ont réussi à mettre ma voisine en larmes à la fin. Mais globalement, j'ai vraiment passé une bonne soirée et pour une première expérience à l'opéra avec les Américains c'était plutôt sympathique. Certes l'ambiance est un peu plus coincée qu'à Paris mais ils ont gardé à l'esprit que l'opéra reste un divertissement et pas un terrain de bataille idéologique, autrement dit ils rigolent à l'opéra quand le livret est totalement stupide et applaudissent quand la scène vaut le coup. Par contre, au niveau mise en scène, c'est beaucoup plus classique et on est à des années lumières de Gérard Mortier et des bricolages Google Maps (bon en même temps c'est pas sûr qu'ils aient les installations pour).

Dimanche, Marathon Day
Objectif du jour pour nos coureurs : courir 26.2 miles / 42.195 km par un temps glacial (0°C pour le coup). Cela dit, bien qu'ayant croisé plusieurs fois le parcours des coureurs, on n'a pas été aussi brave et on s'est caché au chaud dans un Starbucks puis au Art Institute of Chicago qui vaut son pesant de cacahuètes.
Retour ensuite à l'opéra de Chicago pour Faust de Gounod. Le public est un peu moins guindé parce qu'on est dimanche après-midi. Et tout se passe plutôt bien dans l'ensemble, la distribution s'exprime dans un français clair et bien plus que potable, et puis Faust de Gounod en général ça passe comme une lettre à la poste vu qu'on connaît un certain nombre des airs (notamment l'air des bijoux "Ah je ris de me voir si belle..." qui reste un air assez absurde si on lit bien le texte.)
Rien de spé en soirée, où on commence à réviser nos partiels avec mon coloc.

Lundi, jour du départ, on se fait un salon de thé chinois, histoire de (et parce que je suis en manque de bouffe asiat) et ensuite, retour à la station de Greyhound, pause dîner chez Hardee's, dont les thickburgers sont juste succulents (Five Guys à côté c'est le Franprix du burger) et retour à Bowling Green, avec un chauffeur de taxi un peu spé qui nous raconte que sa copine est en résidence surveillée à Bowling Green dans un programme fédéral de protection des témoins parce qu'elle a dénoncé des trafiquants de drogue du coin... pas très rassurant, mais au final je suis bien content d'être rentré à la maison. Certes ce WE à Chicago a été un peu court et je n'ai pas vraiment eu le temps de rencontrer des vrais habitants de Chicago, ça serait pour la prochaine visite au mois de novembre soit avec ma classe pour une visite du Chicago Mercantile Exchange, soit pour Thanksgiving et surtout John Williams à la tête du Chicago Symphony Orchestra et sûrement une visite en règle des universités et des musées de Chicago.

(photos à venir)

8 oct. 2009

Chicago, here we come !

Partiels et mid-terms obligent, cette semaine a été plutôt aride et la semaine prochaine sera globalement du même acabit. Cela dit on a décidé d'entrecouper ça avec mon coloc d'un petit WE à Chicago. Au programme : balades, musées, tours panoramiques, gastronomie, opéra (Faust, Tosca), marathon et... révisions seront au menu. Julien mon remplaçant et collègue de DC sera également là.

Bref un WE sympa en perspective, malgré le froid et peut-être la pluie. RDV le WE prochain pour un récit détaillé.

4 oct. 2009

Homecoming

Cette semaine, l'activité bat son plein sur le campus pour le Homecoming, terme intraduisible qui désigne la semaine des anciens / alumni avec dîners en ville, spectacles, forum entreprises, anniversaires de promo, matches sportifs à la clé, parade dans les rues de la ville et bien sûr un bon match de foot américain !

Malheureusement mon emploi du temps de cette semaine ne m'a pas vraiment laissé l'occasion d'en profiter, et je n'ai pu aller finalement qu'au match de foot hier contre Ohio University (et où BGSU a encore fait un démarrage poussif pour finalement perdre 44 à 37...).

Autrement ce soir c'est 中秋节 / la Fête de la Lune / Harvest Moon or Mid-Autumn Festival. C'est une fête traditionnelle chinoise (mais célébrée aussi dans une bonne partie de l'Asie orientale) qui est plus ou moins le pendant du nouvel an chinois et qui célèbre l'équinoxe d'automne et la saison des récoltes.

Bon malheureusement, la révolution industrielle est passée par là et y a plus grand chose à récolter pour la plupart des gens. Dans notre époque post-moderne, on continue cependant à célébrer cette fête en Asie avec des lâchers de lanternes, en mangeant des gâteaux de lune et en observant la Lune, parce que tout simplement c'est la pleine Lune en ce moment et c'est le seul moment de l'année où la Lune est la plus brillante et la plus proche de nous (si si jetez un coup d'oeil par la fenêtre).

C'est le moment où les parents chinois racontent aux petits enfants les légendes traditionnelles sur la Lune, comme quoi y a une dame qui vit sur la Lune dans un grand palais et avec pour seul compagnon un lapin de Jade, tout ça parce qu'elle a mangé une pilule magique qu'elle n'était pas censer prendre et qui l'a faite flotter jusque sur la Lune. (En gros c'est une combinaison du mythe de la pomme d'Adam et de Tante Pétunia dans Harry Potter).
On raconte aussi que c'est en communicant avec des gâteaux de Lune que les Chinois ont pu déclencher la révolte contre la dynastie mongole des Yuan et les chasser du trône en glissant des messages dans des gâteaux que n'affectionnaient pas particulièrement les Mongols. Ah ces Chinois, toujours aussi fourbes comme qui dirait...

Enfin pour terminer ce post et suite aux plaintes en provenance du Brésil, je me permets d'y ajouter une photo, et j'ai même envie de dire par LA photo de la semaine que j'ai prise hier en sortant du stade (non, c'est pas un photomontage, c'est bien un mec assis dans un coffre et qui remorque un barbecue à roulettes...)


En direct du Midwest, à vous les studios !

30 sept. 2009

Yukos, Coca et Ippon ?

Ce soir, j'ai pu rencontrer Bruce Misamore, ancien de BGSU promo 1973 actuellement en résidence sur le campus.


Ce type ne vous dit peut être rien mais en fait c'est le dernier directeur financier en date de Yukos la fameuse compagnie pétrolière saisie par les autorités russes pour redressement fiscal et dont le PDG, Mikhail Khodorkovsky, a été arrêté de façon spectaculaire (pour des raisons avant tout politiques).

Le lien entre Bruce, Bowling Green et Yukos ? C'est simple après son diplôme, Bruce a vadrouillé dans l'Ohio en tant que conseiller financier pour des particuliers et des entreprises, puis au département trésorerie chez Marathon Oil, il est ensuite devenu VP et trésorier de Marathon Oil en Europe à Londres, puis Senior VP chez PennzEnergy à Houston (les juristes se souviendront de l'affaire Pennzoil v. Texaco), avant de devenir en 2001 directeur financier de Yukos. Pourquoi aurait-elle fait appel un Américain ? Parce que Yukos avait l'intention de poursuivre son expansion à l'international et de se faire côter à terme à New York et pour ce faire, il fallait trouver un Américain prêt à relever le défi de la mise aux normes comptables américaines. Et parce qu'à 50 ans ce genre de projet (et de rémunération ?) ne se présente pas non plus tous les jours.

La séance d'aujourd'hui a été l'occasion de découvrir toutes les manoeuvres beaucoup moins médiatisées qui ont suivi la saisie de Yukos (ou la plus grande expropriation de l'histoire c'est selon) et notamment toute la série de procès qu'il y a eu un peu partout dans le monde entre l'ancien management de Yukos dont Bruce fait partie et le gouvernement russe pour indemniser les petits actionnaires (russes pour la plupart) et empêcher la saisie des avoirs non-russes par le Kremlin.
On y a appris notamment que les actifs non-russes avaient été principalement regroupés dans un trust aux Pays-Bas, ce qui a valu à ce pacifique pays un boycott de ses exportations de tulipes vers la Russie - comme quoi l'économie réelle a toujours une résonance géopolitique - et qu'à part en Arménie, le gouvernement russe a pour le moment perdu procès sur procès. Le prochain procès prévu se tiendra à la Cour européenne des droits de l'homme, où selon Bruce, la Russie pourrait avoir à régler une importante amende ou à faire face à une vraie crise diplomatique (en gros soit la Russie paie, soit elle se fait éjecter du Conseil de l'Europe, ce qui remet en cause les traités de coopération économique, culturelle et fiscale conclus dans ce cadre).

Mais outre le côté assez improbable de la soirée (se retrouver en face d'un des acteurs de la chute de Yukos), on a également parlé des expériences à l'étranger et des pratiques locales d'affaires (corruption, barrière de la langue, impairs...). Et même si son message était principalement destiné aux étudiants locaux, ça m'a surtout permis de faire un bilan de ma propre expérience ici et de me rendre compte de certaines choses.
1. Pour devenir citoyen du monde, il faut sortir de son propre pays (et pas que dans un but touristique).
2. Il faut être conscient des différences culturelles et les pratiquer pour mieux les comprendre et savoir comment réagir avec.
3. Être à l'étranger est la plus enrichissante des expériences qui soit, car on en apprend tous les jours sur les autres mais surtout sur soi et sur son propre pays.

Et que finalement peu importe le prestige de l'université ou l'entreprise qui vous accueille à l'étranger (exception faite de la recherche peut-être), l'important c'est de rester ouvert, à l'écoute, d'essayer de comprendre les différences et les valeurs, pour que cette expérience soit la plus enrichissante possible pour vous et pour tous les gens qui vous entourent. Et ça, ça ne s'apprend ni avec un prof, ni avec un manuel, mais avec soi-même.

27 sept. 2009

La leçon de football

Hier, l'équipe de football de BGSU recevait les Broncos de Boise State University (Idaho). Ambiance de feu et tribunes blindées, car même si l'Idaho c'est tout aussi paumé que l'Ohio, ils ont quand même une super équipe de foot classée 8ème du championnat universitaire américain. Pour l'occasion je me suis même acheté un T-shirt aux couleurs de la fac (orange).

Sauf qu'une fois sur le terrain, les choses sont beaucoup moins drôles que prévues. De fait, les joueurs de Boise State sont ultra baraques et nos joueurs ont plutôt l'air de gringalets ou d'ados qui commencent à peine le rugby. Le premier quart-temps est assez tendu, mais pas d'actions concluantes pour le moment. En revanche dès le deuxième c'est la débandade, et on se prend plusieurs touchdowns d'affilée, et le sursaut tant attendu par les supporters de BGSU s'annonce difficile. Boise State fait des passes précises et de qualité, protège son quarterback de façon efficace et dispose de toute une série de schémas de jeu que les joueurs choisissent avant chacune de leurs mises. En face, BGSU ne fait de tout de façon pas le poids physiquement, n'arrive pas à protéger son quarterback, fait des passes assez aléatoires, ne dispose pas de plan de jeu et ressort les mêmes schémas tactiques que précédemment. Bref le complexe d'infériorité d'un côté et l'expérience de l'autre côté permettent à Boise State d'avancer sereinement et de façon méthodiques pour marquer au final 7 touchdown contre 2 (49-14) pour BGSU.

Bref déception pour beaucoup, et la tribune se vide au fur et à mesure du score, de la nuit qui tombe et de la température qui descend de plus en plus bas, perso je suis parti au troisième quart-temps pendant que Boise marquait son dernier touchdown.

Bon malgré la défaite, la fanfare (marching band) a bien assuré le spectacle pendant la mi-temps avec le renfort des fanfares des lycées environnants. Et voici ce que ça donne 500 personnes sur une pelouse de state... (faut aller jusqu'au bout de la vidéo pour comprendre la choré en fait).

24 sept. 2009

Hot like hell

Après le tango, la salsa et le rock, je continue ma découverte des loisirs de la bonne société avec... le GOLF !!! Je sais, certains vont encore râler sur le fait que je m'embourgeoise et gnagnagna. Mais en même temps, je me dis tant :
- que je suis aux US, ce pays magique où on peut faire plein de choses qui nous sortent du train-train quotidien
- qu'il y a en plus un green au bord du campus juste à côté du stade,
- que c'est des loisirs à bon prix comparé à ce qu'il peut y avoir en Europe (5$ le seau de 70 balles qui peut faire mieux ?)
C'est l'occasion d'essayer au moins une fois dans sa vie, quitte à se ridiculiser, ça coûte rien surtout lorsqu'on est loin du regard de ses amis. Et puis c'est une façon de voir aussi qui sont les Américains qui pratiquent ce sport et comment ils l'enseignent (par contre faudra comparer en rentrant au pays...).

Côté pratique, oui, j'avoue avoir brassé pas mal de vent et ravag... labouré un peu le gazon avant de pouvoir quelques shoots dignes de ce nom, le temps de placer à peu correctement mon swing. Evidemment le soir même et le lendemain j'ai bien eu quelques courbatures, et avec les quelques piqûres de moustique que je me suis pris sur le green, c'était pas forcément plus agréable mais au final je suis pas mécontent du tout de mon expérience. Je me suis bien marré et le prof était vraiment super sympa. Bon par contre vu que l'hiver va arriver assez vite, je pense pas m'y remettre avant le printemps prochain.

Autrement on a parlé en cours d'éthique aujourd'hui des fameux procès qu'intentent les Américains contre les produits défectueux ou plus ou moins bien signalés (dont la fameuse histoire du chat dans le micro-ondes) et tous les soucis de la vie quotidienne qui pourraient vous arriver, mais que vous pouvez reporter à bon compte à une entreprise, moyennant dommages et intérêts.
Info n°1, ce genre de procès est en train de devenir une légende urbaine, car la plupart des contrats commerciaux comportent aujourd'hui des clauses imposant l'usage de la médiation et d'une procédure d'arbitrage avant de pouvoir porter l'affaire en justice.
Info n°2 c'est que même si les montants annoncés en première instance ont de quoi affoler les compteurs, les montants redeviennent un peu plus raisonnables en appel.

L'info n°3 concerne le café chez Mc Do et dans la plupart des chaînes de fast-food qui servent le pti déj. En effet, je sais pas si vous l'avez remarqué mais quand on achète une boisson chaude ici, non seulement on vous demande si vous voulez pas du sucre vanillé, du caramel, de la crème fraîche ou je ne sais quoi (nan je veux juste un thé ou un chocolat chaud) mais c'est juste énorme. La dose est énorme, le gobelet est dans des dimensions assez imposantes (ma sensibilité écolo sombre souvent dans le coma à la vue des gobelets méga épais en polystyrène) avec une couvercle conçu pour résister à toutes les épreuves matinales du travailleur urbain et rural. Mais surtout quelquesoit le gobelet c'est méga chaud pendant des heures !!!

Bref grâce à mon cours d'éthique et de droit (remarque de circonstance elle s'appelle SUE... et elle est prof de DROIT) j'ai découvert le comment du pourquoi mon chocolat chaud me brûle la langue pendant des heures. En fait quand les Américains achètent une boisson chaude, ils ne la consomment jamais en live, mais seulement une fois arrivés au boulot ou presque, d'où une température frôlant les 80°C à la sortie du magasin et le gobelet ultra isotherme, même quand c'est un simple gobelet en papier Starbucks. Parce que le temps de rejoindre le bureau, il peut s'en passer du temps dans les bouchons...

Toutefois, en 1994 une brave cliente de Mc Do s'est malheureusement brûlée au 3ème degré avec son café en voulant tout simplement rajouter de la crème. Bien évidemment ça se finit en plainte pour produit dangereux et gobelet défectueux, mais la brave dame de 81 ans ne réclame que $160 000 de dédommagement pour ses frais médicaux et les jours de travail que ses proches ont perdus pour rester à ses côtés. Refus de McDo, et donc séries de procès au cours desquels la dame se voit attribuer $3 millions de dommages et intérêts puis finalement $620 000 avec ordre pour McDo de servir son café à des températures plus appropriées, ce qui n'a jamais été respecé pour les raisons commerciales évoquées ci-dessus. Au lieu de ça, ils préfèrent tout rajouter pour vous avant de le servir et mettent des supers mégas couvercles sur lesquels y a inscrit HOT dans toutes les langues du monde et qui tiennent la route en toutes circonstances ou presque.

Voilà je sais c'était super intéressant, mais je tenais à partager ce petit moment de découverte culturelle avec vous...

Enfin pour clôturer notre super journée, on a eu droit à une conférence d'un ancien VP de Lehman Brothers (qui fait la promo de son bouquin très accessoirement), beaucoup de pub sur le campus, beaucoup de public dans la salle, mais finalement pas de très grande réflexion sur le métier de banquier, sur le rôle de Paulson / Geithner / Bernanke, sur l'échec du management des banques... mais apparemment le bouquin est un peu plus dense.

That's all for today !

20 sept. 2009

Merci le web

Hier soir en discutant sur Skype avec quelques potes, je me suis vraiment rendu compte de la chance que j'avais d'être connecté au net et d'avoir accès à Skype, Facebook, Twitter, Google News et bien d'autres choses.

C'est idiot à dire, c'est un truisme, c'est de l'ordre de l'évidence élémentaire me direz-vous.
Certes, mais pensez aux mecs de l'ESC Nantes, de l'Université de Tours et de l'IECS Strasbourg qui faisaient y a 15 ans le même échange que moi, ici à Bowling Green, 30 000 âmes au milieu des prairies et des champs. Les seuls moyens de communication qu'ils avaient avec le reste du monde c'était le courrier, le fax et le téléphone et pour avoir quelques infos un peu solides sur le reste du monde, mieux valait compter sur un bon abonnement au câble ou bien au Wall Street Journal / International Herald Tribune / The Economist. Bref, pas très souple, assez contraignant et assez cher aussi.

Or aujourd'hui grâce à Skype/MSN/Facebook, je peux garder contact avec la quasi totalité de mes contacts que ce soit ceux qui sont en France et en Europe, ceux d'ici sur le continent américain ou bien ceux qui sont en ce moment en échange de l'autre côté du Pacifique ou à faire le touriste quelque part en Asie. Autant en France, c'était quelque chose de relativement banal, mais là quand on est physiquement quelque part dans le trou du cul du monde, on se rend d'autant plus de la valeur des choses même lorsque ça ne coûte quasiment rien.

Et de fait, j'ai tendance à penser que garder ce lien avec ses amis et avec le reste du monde, mais aussi en regardant les Guignols ou le Petit Journal c'est non seulement important pour son équilibre personnel (je ne sais pas ce qu'en pensent les ermites, mais le sentiment d'abandon et d'isolement n'est pas quelque chose qu'on apprécie spontanément) mais c'est aussi extrêmement important pour rester connecté à la "culture" française. En effet, durant mon stage chez "Crédit Patate", j'ai rencontré un collègue assez sympathique avec toujours plein de petites anecdotes à raconter car il avait passé une partie assez longue de sa carrière à l'étranger. Le pendant de ça c'est que sur la plupart des conversations courantes, il était toujours largué, notamment quand on faisait référence à telle publicité ou à telle vieille polémique. Je ne dis pas qu'être au courant des dernières frasques de Ségo ou des dernières mises en scène médiatiques du gouvernement soit quelque chose dont je suis particulièrement fier, je ne dis pas non plus que j'ai passé des heures dans un avion simplement pour continuer à vivre à la française à l'autre bout du monde. J'essaie au contraire de mettre en pratique l'adage "New country, new customs". Mais le fait est qu'aller à la rencontre d'autrui, ne signifie pas se dissoudre dans l'autre ou devenir un hybride de la world culture. Simplement je remarque que c'est à travers ce genre d'anecdotes (ou de connaissances vernaculaires diraient certains) que se construisent les identités nationales du moins dans l'imaginaire collectif, et pas seulement à travers des papiers ou la maîtrise de la langue. Ou dit autrement, on peut s'amuser à maîtriser plein de langues et avoir plein de discussions sympas avec les gens venus des quatre coins du monde. Mais ce qui butera toujours au final lorsqu'il s'agira de bosser ensemble sur tel ou tel projet, c'est le fait d'avoir une culture commune ou pas (et pas d'avoir des supers cours d'international business et de management interculturel).


Autrement, j'essaie de me faire une culture geek en ce moment (sous l'influence néfaste de Matthieu, Aymeril et de Damien) parce qu'apparemment le grand débat du moment dans la communauté c'est le cloud computing (en gros vous travaillez avec vos données en ligne et stockez vos infos sur des serveurs qui ne vous appartiennent pas / ex. la fonction Album photos sur Facebook ou Google Docs) et le crowd sourcing (ex. ceux qui posent une question technique sur Facebook au lieu d'aller pêcher ça sur un forum ou sur Google / les expériences de démocratie participative).

Et j'essaie de comprendre ce que ça change réellement en terme de géographie industrielle et de capital humain : va-t-on voir émerger des Silicon Valley et des projets entre non geeks au milieu de nulle part ? (autres que Wikipédia) Va-t-on se contenter de travailler sur des netbooks ? D'autre part, pourquoi y a-t-il tant de discussions autour de ses questions ? Volonté de maîtriser du sujet et de faire de la réflexion stratégique / prospective ? Impasses juridiques en vue (quels sont les règles de propriété intellectuelle en situation de crowd sourcing / cloud computing ?) ?
Donc si quelqu'un a un article sur le sujet je suis preneur.

11 sept. 2009

L'été indien

Me revoici de retour sur les écrans et sur les serveurs de Blogspot / Google après une bonne semaine de silence. Preuve s'il en fallait que la routine s'installe à Bowling Green, Ohio.

Petit résumé de ma semaine en 24... (lignes /secondes / demi-minutes ????)

Jeudi, notre prof d'éthique était assez avide en conseils jurdiques divers et variés.
1. Si vous êtes convoqués au tribunal notamment dans le mauvais rôle, venez avec votre famille, habillez-vous normalement voire un peu cheap, si vous avez un enfant en bas âge amenez-le et trouvez-en un et faites pleurer le bébé au bon moment lors du prcès pour attirer la clémence et susciter la compassion du jury.
2. 60% d'un procès se gagne lors de la sélection des jurés, trouvez donc un avocat qui a quelques notions de sociologie.
3. Si vous êtes impliqués dans un procès, faites attention au choix du tribunal et évitez le tribunal du coin de la partie adverse.
4. Si vous voulez commettre un crime, n'oubliez pas de faire immatriculer votre voiture pour vous faire passer incognito et ne laissez pas d'arme en vue sur les sièges passagers... (OK, merci du conseil...)
Bon autrement elle nous a annoncé qu'un mec de la classe venait d'avoir son premier bébé. Énorme coup de vieux pour ma part...

Vendredi, j'ai décidé avec mon coloc de faire une crémaillère histoire de connaître un peu plus la classe. Énorme stress, dans la mesure où on est 50, j'ai eu 12 réponses quasi exclusivement des étudiants internationaux et pas un seul mail en mode "Oh sorry whatever reason I can't come" des Ricains. Finalement y a une bonne vingtaine de personnes qui sont là dont une demi-douzaine d'Américains, c'était très sympa, jusqu'à ce que les Chinoises débarquent en bande... avec une Wii, qui nous a valu un bon quart d'heure de débrief avec mon coloc, pour essayer de comprendre le comment du pourquoi. Puis quand tout le monde est parti, un mec de la classe se pointe encore vers minuit et nous tient la discute jusque 3h30 du mat (no comment).

Lundi, j'ai récupéré les clés de mon bureau à la fac (photos à venir) que je partage avec Darcy, un brésilien de ma classe. Et ma soeur s'est enfin posée à Seattle

Mercredi, énorme surprise au réveil, les champs qui nous entourent sont devenus tout jaunes !!! Bref c'est l'été indien et l'effet est assez joli, voici une vue depuis ma cuisine.


Autrement, les news viennent plutôt de mes anciens collègues ont eu la joie de renouer avec les visites officielles entre officiels francais et américains. Et en ce moment, c'est la Secrétaire d'Etat au Commerce Extérieur (Anne-Marie Idrac) qui nous fait le plaisir de rendre visite à la communauté française. Néanmoins c'est pas tant la visite de Mme Idrac que je souhaite relater ici (grosso modo, elle vient là pour promouvoir le savoir-faire français dans les domaines de l'énergie et des transports), c'est surtout son Twitter (annemarieidrac) qu'elle confond visiblement avec une boîte à télégrammes / SMS.

Depuis Bowling Green, Ohio.

9 sept. 2009

Lettre de Ted Kennedy à Obama sur la réforme du système de santé

La fin du Labor Day (fête du Travail) marque la reprise des travaux parlementaires aux États-Unis et ce qui fait l'actualité en ce moment sur le Capitol Hill ce n'est pas la prime à la casse, la création d'un marché de crédits carbone, les bonus des banques ou le décès de Michael Jackson, mais la réforme du système de santé.

En effet, avec les beaux jours, les parlementaires américains sont rentrés chez eux et ont tenu un certain nombre de meetings locaux pour présenter et discuter la réforme du système de santé avec leurs électeurs de leur fiefs respectifs. Bien mal leur en a pris, car ces meetings ont été instrumentalisés par les adversaires de la réforme, qui les ont utilisés comme caisse de résonance pour faire connaître leur mécontentement et pour se faire de la pub gratuite sur les chaînes d'information en continu. Leur argumentaire était assez simple : le nouveau système avec assurance publique allait ruiner les Américains et créer un nouveau mammouth administratif qui tuera les assureurs privés (qui font un peu n'importe quoi aujourd'hui). D'autre part, cette réforme était idéologiquement inacceptable car laisser le gouvernement intervenir dans le quotidien des gens, c'est tout simplement des méthodes dignes des communistes, et qu'il faut au contraire laisser libre cours au marché et instaurer plus de concurrence (même si les acteurs actuels du système de santé se sont fait pas mal de gras depuis ces dernières années).

Bref, tout ce ramdam (et notamment les interventions de Sarah Palin) a finalement poussé le président Obama a monter au créneau devant le Congrès ce soir et à passer en prime-time pour parler de la réforme de santé. Parallèlement au discours de ce soir diffusé en direct, la Maison Blanche a également publié une des dernières lettres de Ted Kennedy au président Obama dont voici la transcription.

May 12, 2009

Dear Mr. President,

I wanted to write a few final words to you to express my gratitude for your repeated personal kindnesses to me – and one last time, to salute your leadership in giving our country back its future and its truth.

On a personal level, you and Michelle reached out to Vicki, to our family and me in so many different ways. You helped to make these difficult months a happy time in my life.

You also made it a time of hope for me and for our country.

When I thought of all the years, all the battles, and all the memories of my long public life, I felt confident in these closing days that while I will not be there when it happens, you will be the President who at long last signs into law the health care reform that is the great unfinished business of our society. For me, this cause stretched across decades; it has been disappointed, but never finally defeated. It was the cause of my life. And in the past year, the prospect of victory sustained me-and the work of achieving it summoned my energy and determination.

There will be struggles – there always have been – and they are already underway again. But as we moved forward in these months, I learned that you will not yield to calls to retreat – that you will stay with the cause until it is won. I saw your conviction that the time is now and witnessed your unwavering commitment and understanding that health care is a decisive issue for our future prosperity. But you have also reminded all of us that it concerns more than material things; that what we face is above all a moral issue; that at stake are not just the details of policy, but fundamental principles of social justice and the character of our country.

And so because of your vision and resolve, I came to believe that soon, very soon, affordable health coverage will be available to all, in an America where the state of a family’s health will never again depend on the amount of a family’s wealth. And while I will not see the victory, I was able to look forward and know that we will – yes, we will – fulfill the promise of health care in America as a right and not a privilege.

In closing, let me say again how proud I was to be part of your campaign- and proud as well to play a part in the early months of a new era of high purpose and achievement. I entered public life with a young President who inspired a generation and the world. It gives me great hope that as I leave, another young President inspires another generation and once more on America’s behalf inspires the entire world.

So, I wrote this to thank you one last time as a friend- and to stand with you one last time for change and the America we can become.

At the Denver Convention where you were nominated, I said the dream lives on.

And I finished this letter with unshakable faith that the dream will be fulfilled for this generation, and preserved and enlarged for generations to come.

With deep respect and abiding affection,

[Ted]


Je suis certes assez naïf, mais voilà je trouve que cette lettre est réellement touchante de simplicité, d'espoir et de modestie, surtout pour quelqu'un qui a tant fait pour faire progresser l'Amérique.