Hier soir en discutant sur Skype avec quelques potes, je me suis vraiment rendu compte de la chance que j'avais d'être connecté au net et d'avoir accès à Skype, Facebook, Twitter, Google News et bien d'autres choses.
C'est idiot à dire, c'est un truisme, c'est de l'ordre de l'évidence élémentaire me direz-vous.
Certes, mais pensez aux mecs de l'ESC Nantes, de l'Université de Tours et de l'IECS Strasbourg qui faisaient y a 15 ans le même échange que moi, ici à Bowling Green, 30 000 âmes au milieu des prairies et des champs. Les seuls moyens de communication qu'ils avaient avec le reste du monde c'était le courrier, le fax et le téléphone et pour avoir quelques infos un peu solides sur le reste du monde, mieux valait compter sur un bon abonnement au câble ou bien au Wall Street Journal / International Herald Tribune / The Economist. Bref, pas très souple, assez contraignant et assez cher aussi.
Or aujourd'hui grâce à Skype/MSN/Facebook, je peux garder contact avec la quasi totalité de mes contacts que ce soit ceux qui sont en France et en Europe, ceux d'ici sur le continent américain ou bien ceux qui sont en ce moment en échange de l'autre côté du Pacifique ou à faire le touriste quelque part en Asie. Autant en France, c'était quelque chose de relativement banal, mais là quand on est physiquement quelque part dans le trou du cul du monde, on se rend d'autant plus de la valeur des choses même lorsque ça ne coûte quasiment rien.
Et de fait, j'ai tendance à penser que garder ce lien avec ses amis et avec le reste du monde, mais aussi en regardant les Guignols ou le Petit Journal c'est non seulement important pour son équilibre personnel (je ne sais pas ce qu'en pensent les ermites, mais le sentiment d'abandon et d'isolement n'est pas quelque chose qu'on apprécie spontanément) mais c'est aussi extrêmement important pour rester connecté à la "culture" française. En effet, durant mon stage chez "Crédit Patate", j'ai rencontré un collègue assez sympathique avec toujours plein de petites anecdotes à raconter car il avait passé une partie assez longue de sa carrière à l'étranger. Le pendant de ça c'est que sur la plupart des conversations courantes, il était toujours largué, notamment quand on faisait référence à telle publicité ou à telle vieille polémique. Je ne dis pas qu'être au courant des dernières frasques de Ségo ou des dernières mises en scène médiatiques du gouvernement soit quelque chose dont je suis particulièrement fier, je ne dis pas non plus que j'ai passé des heures dans un avion simplement pour continuer à vivre à la française à l'autre bout du monde. J'essaie au contraire de mettre en pratique l'adage "New country, new customs". Mais le fait est qu'aller à la rencontre d'autrui, ne signifie pas se dissoudre dans l'autre ou devenir un hybride de la world culture. Simplement je remarque que c'est à travers ce genre d'anecdotes (ou de connaissances vernaculaires diraient certains) que se construisent les identités nationales du moins dans l'imaginaire collectif, et pas seulement à travers des papiers ou la maîtrise de la langue. Ou dit autrement, on peut s'amuser à maîtriser plein de langues et avoir plein de discussions sympas avec les gens venus des quatre coins du monde. Mais ce qui butera toujours au final lorsqu'il s'agira de bosser ensemble sur tel ou tel projet, c'est le fait d'avoir une culture commune ou pas (et pas d'avoir des supers cours d'international business et de management interculturel).
Autrement, j'essaie de me faire une culture geek en ce moment (sous l'influence néfaste de Matthieu, Aymeril et de Damien) parce qu'apparemment le grand débat du moment dans la communauté c'est le cloud computing (en gros vous travaillez avec vos données en ligne et stockez vos infos sur des serveurs qui ne vous appartiennent pas / ex. la fonction Album photos sur Facebook ou Google Docs) et le crowd sourcing (ex. ceux qui posent une question technique sur Facebook au lieu d'aller pêcher ça sur un forum ou sur Google / les expériences de démocratie participative).
Et j'essaie de comprendre ce que ça change réellement en terme de géographie industrielle et de capital humain : va-t-on voir émerger des Silicon Valley et des projets entre non geeks au milieu de nulle part ? (autres que Wikipédia) Va-t-on se contenter de travailler sur des netbooks ? D'autre part, pourquoi y a-t-il tant de discussions autour de ses questions ? Volonté de maîtriser du sujet et de faire de la réflexion stratégique / prospective ? Impasses juridiques en vue (quels sont les règles de propriété intellectuelle en situation de crowd sourcing / cloud computing ?) ?
Donc si quelqu'un a un article sur le sujet je suis preneur.
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