25 mars 2006

L'actu...

À part Casse-Noisette et ses acolytes qui n'ont pas cessé de me les casser cette semaine, je continue mon petit bout de chemin à 24 jours de mes premières épreuves (50 jours que ce blog existe et qu'il est fréquenté par des gens plus recommandables que moi). Résumé de ma semaine et résumé de tout ce qui sort du train-train habituel...
1. J'ai enfin pu lire les articles d'Alex dans Tapages
2. J'ai réussi à arracher un sourire à quelques types de l'internat qui ne parlent jamais aux gens
3. Aristote c'est nul, Tata aussi
4. J'ai vu Annie Hall (4 Oscars 1977) grâce à Couscous
5. Je regarde même plus ce qu'on nous sert à la cantine ou presque.
6. Je ne suis pas allé voter pour les élections CROUS, cela dit la FAGE obtient 4 sièges et l'UNEF 1 seul et c'est Thalia qui l'a eu (félicitations !). Le RED est 5ème sur Paris...
7. Jensen n'a pas été bloquée... nos ptits lycéens auraient été privés de leur café croissant de 10h30 et de leur panini à midi, pauvres petits.

Pour ceux qui aimeraient se désintoxiquer un peu des médias officiels et traditionnels, et comprendre un peu ces gens qu'on nous montre dont on ne sait pas s'ils sont des anarchistes, des alternatifs, des casseurs ou je ne sais quoi. Voici trois sites qui vous éviteront peut-être d'asséner un nombre conséquent d'âneries comme Casse-Noisettes :
http://tartiflettecrew01.free.fr/contreG8/contreG8.html
Récit d'un contact dans l'Ain qui est allé vadrouillé à Gleneagles.
http://paris.indymedia.org/
Le site d'info et le média des alternatifs.
http://www.gatt.org
Le faux site de l'OMC, crée par les fameux "Yes men".

Et à tous les anciens de LF, n'oubliez notre RDV du 31 !

18 mars 2006

Les châteaux en Espagne

Dizaines d'arrestations lors des "botellones" en Espagne

Les jeunes Espagnols se sont rassemblés dans une vingtaine de villes du pays pour participer à des beuveries géantes appelées "el Botellón". Ils étaient plus de 20 000 à Grenade pour ce pendant ibérique de la fête du printemps américaine (spring breaks).

De nombreuses municipalités ont adopté des règlementations strictes pour interdire la consommation d'alcool dans les rues. Pour contourner ce problème, les fêtards se sont ralliés par SMS ou e-mail.

Les botellones sont devenues ces dernières années un phénomène courant de la vie nocturne des villes espagnoles. Les adolescents qui n'ont pas assez d'argent pour fréquenter les bars s'approvisionnent dans les épiceries avant de traîner et de boire toute la nuit.

Plusieurs centaines de policiers étaient mobilisés pour surveiller les places habituées aux Botellones. Plusieurs dizaines d'arrestations ont eu lieu à Barcelone et à Salamanque et des personnes ont été blessées dans des échaufourrées avec la police.

(from www.euronews.net)

11 mars 2006

Projet utopique

Cette semaine, en lisant un article sur Tony Blair, une idée totalement saugrenue m'a traversé l'esprit.

Et si pour sortir de temps en temps des clivages gauche-droite et pour lutter contre le cloisonnement de notre classe politique française : large majorité d'hommes, âgés, souvent avocats de profession ou médecins ou fonctionnaires ou enseignants et réélus depuis un certain temps ; pourquoi est-ce qu'on ne pourrait pas tirer des parlementaires au sort, comme ça s'est plus ou moins fait à Athènes dans la Grèce classique ? Cela aurait l'immense avantage de diversifier les milieux sociaux et économiques (+ sexe, âge, genre, origine ethnique) et faire représenter vraiment la société civile au Parlement.

Modalités de cette proposition :
- 63 députés (1 par million de Français, même s'il n'y a que 40 millions d'électeurs) et 32 sénateurs (1 pour 2 millions de Français) sont désignés parmi les électeurs qui se seraient déclarés volontaires préalablement.
- Chaque parlementaire de la société civile est rattaché à une "super circonscription" (sinon 1 parlementaire par département).
- Pour chaque super circonscription on tire deux ou trois électeurs, qui sont ensuite élus sur un programme au suffrage indirect ou direct.
- Ils sont aidés dans leur campagne par une commission électorale. Reste la question du financement de la campagne et de la permanence locale.
- Mandat de 6-7 ans non renouvelable avec une première année où ils participent aux travaux parlementaires, mais où ils seraient en formation juridique et parlementaire et ne voteraient pas. Ils sont parrainés par un parlementaire de leur circonscription de résidence. L'année suivante, ils deviennent parlementaires de plein droit et peuvent s'inscrire à un groupe politique.
- Tirage au sort un an avant les élections, leur permettant de prendre pied directement dans la prochaine législature.
- Ils ne sont pas concernés par la dissolution.

Après ça peut également être transposé au niveau régional, départemental et municipal.

I have a dream that one day...

Le CPE, thermomètre d'un pays malade...

Le CPE j'en pense pas grand chose, ptet parce que ça ne se raccroche à aucune théorie économique connue et qu'on trouve un peu cynique d'instaurer la liberté de démissionner, de licencier à tout moment pour tous les jeunes, qualifiés comme non qualifiés (principe d'égalité ?), mais uniquement pour les grosses entreprises. C'est donc pas pour tous les employeurs et c'est pas le contrat de précarité pour tous imaginé par certains puisque même s'il existe la possibilité de licencier sans justification, l'employeur en cas de procédure judiciaire devra le préciser.

Bref c'est raté pour les patrons qui voudraient faire n'importe quoi, comme l'a gentiment rappelé Mme Parisot (pas si bête que ça finalement, faudrait par contre qu'elle choisisse une autre coupe de cheveux que celle de Bernard Thibault). Et en oubliant de nous présenter le coût social et le coût pour les finances publiques de sa mesure "phare", Villepin atteint les limites de sa communication lyrique et ne fait que renforcer l'impression de marché de dupes. En période de déficit et de rigueur budgétaire, de chômage élevé, quelques chiffres et quelques prévisions ça compte un peu aussi je crois...

Toujours est-il que la manif de mardi a, semble-t-il, été la juxtaposition autour de revendications diverses et variées. Chose que notre presse libre et rigoureuse n'a évidemment pas relayé, ptet parce que c'est pas beau et pas très populaire de présenter une marche des mécontents, chacun battant le pavé avec ses propres revendications souvent éloignées du cPE : intermittents, précaires, stagiaires, étudiants en fac sans avenir, des travailleurs, des "plus de pouvoir d'achat", "plus de postes", "plus de moyens", contre l'apprentissage à 14 ans, contre le travail de nuit à 15 ans, contre les discriminations à l'embauche... et c'est ptet le plus grave et aussi le plus intéressant.

Certes la colère gronde, pas besoin d'être intelligent pour s'en rendre compte. Mais le truc c'est que tout le monde attend 2007, que seule l'UMP semble être en ordre de marche (l'UDF aussi) et appuyée en cela par une stratégie marketing très offensive (vote des adhérents, suivi des débats et des conventions sur le net et projet qui se diffuse un peu partout), la gauche n'attend pour le moment, vu la façon dont les choses se passent, qu'une victoire par défaut. Encore une fois.

Mais le plus grave dans cette histoire, c'est que cet agrégat de revendications et de protestations, montrent au fond qu'on s'en fout pas mal du CPE. Car quiconque connaît un peu le marché de l'emploi en France sait que 80% des chômeurs qui retrouvent un emploi décrochent un contrat précaire du type : CDD, intérim, contrats aidés, stages ; et que 80% des entrées à l'ANPE sont dues à ce type de contrat. La précarité est donc déjà "institutionnalisée" en France, et fondamentalement c'est pas le CPE qui pose problème, mais l'incapacité des politiques à s'engager dans le traitement des problèmes de fond : à quoi ça sert le CPE si on ne supprime pas les stages et les CDD dont les employeurs abusent actuellement, mais qui leur permettent d'être très flexibles et de faire tourner leurs effectifs suffisamment pour que les syndicats n'aient plus aucun pouvoir dans les grosses sociétés ?

À quoi ça sert de diminuer les postes aux concours de l'enseignement si on n'aménage pas des filières vers des formations professionnalisantes et qu'on ne régule pas un système universitaire qui produit massivement des DEUG socio, langues, AES, psycho et STAPS dont les taux de réussite et les débouchés professionnels sont catastrophiques ? À quand une réforme de l'université qui ne se réduise pas au LMD, à l'autonomie et à la décentralisation ? À quoi ça sert de recruter des profs, changer des programmes, rebaptiser STT en STG quand le point faible de l'éducation nationale c'est l'orientation scolaire et professionnelle, qui ne sait qu'orienter les bons élèves vers les filières "socialement acceptables" et les élèves inacceptables et inadaptés vers des filières "socialement inacceptables" (bien que souvent très bien rémunérés) ? À quand une sécurisation et un suivi des parcours professionnels par l'ANPE ?

On pourra s'étonner que ce soient maintenant les jeunes et pas les travailleurs et pas tellement les fonctionnaires qui manifestent dans notre pays ces jours-ci. Mais il n'y a rien d'étonnant à cela. Les uns rodés aux défauts de la démocratie attendront 2007 pour s'exprimer, les autres commencent à découvrir à quel point la société leur a menti sur certains points. Car, à travers toutes ces revendications disparates des manifs anti-CPE qu'on ne veut pas nous montrer et dont on ne veut pas parler, c'est bien tous ces enjeux ignorés qui tissent la toile de fond et qui structureront le vote et l'abstention en 2007.