À la Belle Époque de la lutte contre la méchante Constitution européenne, nos compatriotes et nos médias étaient saisis d'une incroyable torpeur, celle du sursaut républicain salvateur. Comme un seul homme, mû par un élan patriotique dont l'origine reste inconnue à ce jour, chacun était investi d'une mission : caser au moins une fois dans les conversations de la journée la Sainte-Trinité citoyenne et anti-libérale primaire (mondialisation, délocalisation, libéralisation), un peu comme on récite son Pater Noster avant de se coucher.
Retour sur cet épisode incroyable qu'on pourrait appeler phobie collective. Parce que c'est beau le pouvoir des médias... et pour commencer le point de vue d'un économiste (ici : http://www.telos-eu.com/2006/04/lincroyable_m_lassalle.php) mais qui relaie aussi bien celui des économistes en général. (D'ailleurs si certains veulent le compte-rendu du cours de Jérôme Gautié sur la "flexicurité" histoire d'avoir du biscuit avant d'aller polluer le blog de Ségolène ^^)
Maintenant un site "citoyen", alternatif, républicain, tout ce que vous voulez et dont son auteur est super super fier et il n'a pas tort je pense.
http://www.defensepassive.org/
Le visiteur appréciera la rigueur de ce site aux couleurs assez particulières, tenant à la fois du TF1, du Nicolas Miguet, du Nicolas Dupont-Aignan et du collectif alternatif, qui ne recense évidemment pas toutes les implantations d'entreprises étrangères en France et les emplois créés par les investissements directs étrangers en France, mais uniquement les délocalisations depuis la France de ces dernières années.
[Pour mémoire la France est 4ème pour le stock d'IDE (après les States, le Royaume-Uni et l'Allemagne) et 4è pour les flux (après la Chine, le Luxembourg et les States) selon l'OCDE. Les pertes d'emplois dans l'industrie sont principalement dus à une utilisation intensive de capital et l'externalisation de toutes les tâches de type tertiaire chez les industriels. Et ouais, la fin du fordisme...]
En tout cas, vive l'esprit d'ouverture... et la gueule de bois lorsque le Brésil, la Russie, la Chine, l'Inde, la Turquie et bien d'autres vont se réveiller.
22 avr. 2006
20 avr. 2006
Un peu de pub...
Certes Teoman et Thomas sont des bizuths lointains, mais c'est quand même des gens biens (toi aussi Alex, boude pas :) ). Bref leur site et leur projet, pour la bonne cause.
http://orchestredejanson.blogspot.com/
Sinon le site perso d'une vieille connaissance du Lycée, Ola, un type formidable, parce que malgré les milliers de kilomètres (en gros moi chuis à Paris et lui sur le Cercle polaire arctique) qui nous séparent on a toujours réussi à garder le contact.
Le must c'est que c'est un saxophoniste génial, qui a toujours su conquérir très rapidement et très simplement son public. Je vous laisse savourer quelques-unes de ses productions qu'il a mises en ligne.
http://www.myspace.com/olarokkones
http://orchestredejanson.blogspot.com/
Sinon le site perso d'une vieille connaissance du Lycée, Ola, un type formidable, parce que malgré les milliers de kilomètres (en gros moi chuis à Paris et lui sur le Cercle polaire arctique) qui nous séparent on a toujours réussi à garder le contact.
Le must c'est que c'est un saxophoniste génial, qui a toujours su conquérir très rapidement et très simplement son public. Je vous laisse savourer quelques-unes de ses productions qu'il a mises en ligne.
http://www.myspace.com/olarokkones
11 avr. 2006
Chroniques d'avril
Ou pourquoi le chômage va encore défrayer la chronique pendant longtemps...
Aujourd'hui, on prétend enfin qu'on va réinvestir dans les universités et dans la vie étudiante, qu'on va s'attaquer à la professionnalisation dans les parcours universitaires. Effectivement ça va dans le bon sens. Mais on sait parfaitement qu'il y aura un problème de sous et un clash entre partisans et adversaires de la sélection à l'université pour éviter les aberrations actuelles (sureffectifs en psycho, socio, philo, STAPS, médecine et broyage des milliers de jeunes qui se sont gourés de formation ou qui n'étaient pas assez armés pour la fac), partisans et adversaires du partenariat écoles/universités/entreprises.
Je prie effectivement pour que certains enterrent la hache de guerre ; mais je ne suis pas d'un naturel optimiste. Et au vu des suites du 29 mai, du triomphalisme facile du PCF qui n'a rien donné et dans la perspective de 2007, je ne crois pas que les partenaires sociaux ont intérêt à porter ce genre de débat sur les choix que notre société doit faire. Certes les pratiques sociales changent et on mène aujourd'hui de longues négociations sur la pénibilité au travail, la simplification du droit du travail, la négociation collective, la continuité du service public en toute discrétion, mais pour le moment on abuse surtout des termes de crise, de catastrophe, de chômage massif et insupportable (depuis 30 ans), de précarisation de la société (jamais chiffrée).
[Un des ces quatre faudrait aussi faire la différence entre un type qui vit de missions (consultants, intérimaires, stagiaires) qui vivent pas forcément mal, pauvre, travailleur pauvre, statuts précaires et précarité la vraie, histoire d'arrêter la victimisation. Définir "jeune en difficulté" aussi ça serait pas mal.]
Evidemment l'idéal ça serait un référendum pour avancer dans les réformes et responsabiliser les Français. Mais pour l'instant personne n'en parle, sauf les naïfs néo révolutionnaires qui vont dire qu'en changeant les institutions, le cadre social, on changera les hommes, l'histoire, les pratiques institutionnelles et comme ça on aura nos référendums. Evidemment la méconnaissance de ce qu'est le droit et la vie en pratique (celle-là même qui voulait un code social européen à la française en lieu et place de la Constitution européenne) fait dire que bref on va rebâtir la France avec du papier et de l'encre. Pis c'est sympa, ça prend du temps et de l'énergie, ça permet de repousser les problèmes de fond d'un an ou deux (le temps de la réflexion depuis 20 ans) et d'oublier la façon dont Chirac s'en fout actuellement de la Consti de la Vème.
Cela dit : refus de la Consti, l'Europe reste un nain géopolitique ; retrait du CPE, on ne change rien aux contrats pourris et aux statuts précaires et on promeut des petits contrats subventionnés (si G. Larcher a proposé une indemnisation minimum sur les stages, mais c'est juste une proposition). Sur le principe des contrats spécial 16-26 ans j'approuve, quoique. L'aide d'Etat est-elle cumulable avec les réductions de charges Fillon ? Question très bête. Or, actuellement sur un SMIC à 1217,88€ brut et des poussières, t'as 316,65€ de réductions de charges, ajoute 400€ de prime d'Etat et calcule. On s'en fout puisque c'est à la charge du contribuable... ? pas sûr, certes ça permet de maintenir un revenu décent à certains, mais en même temps ça incite les patrons à mettre tout le monde au SMIC, c'est pas forcément une meilleure façon de trancher la question du prix élevé du travail en France.
L'autre truc chagrin, c'est cette volonté d'appliquer encore des politiques nationales portant exclusivement sur le droit du travail, alors que les économistes montrent qu'il n'y a pas de lien clair entre législation du travail (flexibilité) et niveau de l'emploi et que le problème du chômage réuni de multiples composantes : une composante territoriale (y a pas d'activité dans la région ou alors c'est saisonnier), une composante démographique (âge, sexe, couleur de peau
), une composante en capital humain (qualification) et une composante sectorielle. Il est triste de voir Galouzeau ne cibler qu'une miette du problème et de croire qu'avec une mini politique de l'emploi et en donnant un métier à tous les jeunes on va résoudre la question... et l'activité économique dans tout ça ?
Aujourd'hui, on prétend enfin qu'on va réinvestir dans les universités et dans la vie étudiante, qu'on va s'attaquer à la professionnalisation dans les parcours universitaires. Effectivement ça va dans le bon sens. Mais on sait parfaitement qu'il y aura un problème de sous et un clash entre partisans et adversaires de la sélection à l'université pour éviter les aberrations actuelles (sureffectifs en psycho, socio, philo, STAPS, médecine et broyage des milliers de jeunes qui se sont gourés de formation ou qui n'étaient pas assez armés pour la fac), partisans et adversaires du partenariat écoles/universités/entreprises.
Je prie effectivement pour que certains enterrent la hache de guerre ; mais je ne suis pas d'un naturel optimiste. Et au vu des suites du 29 mai, du triomphalisme facile du PCF qui n'a rien donné et dans la perspective de 2007, je ne crois pas que les partenaires sociaux ont intérêt à porter ce genre de débat sur les choix que notre société doit faire. Certes les pratiques sociales changent et on mène aujourd'hui de longues négociations sur la pénibilité au travail, la simplification du droit du travail, la négociation collective, la continuité du service public en toute discrétion, mais pour le moment on abuse surtout des termes de crise, de catastrophe, de chômage massif et insupportable (depuis 30 ans), de précarisation de la société (jamais chiffrée).
[Un des ces quatre faudrait aussi faire la différence entre un type qui vit de missions (consultants, intérimaires, stagiaires) qui vivent pas forcément mal, pauvre, travailleur pauvre, statuts précaires et précarité la vraie, histoire d'arrêter la victimisation. Définir "jeune en difficulté" aussi ça serait pas mal.]
Evidemment l'idéal ça serait un référendum pour avancer dans les réformes et responsabiliser les Français. Mais pour l'instant personne n'en parle, sauf les naïfs néo révolutionnaires qui vont dire qu'en changeant les institutions, le cadre social, on changera les hommes, l'histoire, les pratiques institutionnelles et comme ça on aura nos référendums. Evidemment la méconnaissance de ce qu'est le droit et la vie en pratique (celle-là même qui voulait un code social européen à la française en lieu et place de la Constitution européenne) fait dire que bref on va rebâtir la France avec du papier et de l'encre. Pis c'est sympa, ça prend du temps et de l'énergie, ça permet de repousser les problèmes de fond d'un an ou deux (le temps de la réflexion depuis 20 ans) et d'oublier la façon dont Chirac s'en fout actuellement de la Consti de la Vème.
Cela dit : refus de la Consti, l'Europe reste un nain géopolitique ; retrait du CPE, on ne change rien aux contrats pourris et aux statuts précaires et on promeut des petits contrats subventionnés (si G. Larcher a proposé une indemnisation minimum sur les stages, mais c'est juste une proposition). Sur le principe des contrats spécial 16-26 ans j'approuve, quoique. L'aide d'Etat est-elle cumulable avec les réductions de charges Fillon ? Question très bête. Or, actuellement sur un SMIC à 1217,88€ brut et des poussières, t'as 316,65€ de réductions de charges, ajoute 400€ de prime d'Etat et calcule. On s'en fout puisque c'est à la charge du contribuable... ? pas sûr, certes ça permet de maintenir un revenu décent à certains, mais en même temps ça incite les patrons à mettre tout le monde au SMIC, c'est pas forcément une meilleure façon de trancher la question du prix élevé du travail en France.
L'autre truc chagrin, c'est cette volonté d'appliquer encore des politiques nationales portant exclusivement sur le droit du travail, alors que les économistes montrent qu'il n'y a pas de lien clair entre législation du travail (flexibilité) et niveau de l'emploi et que le problème du chômage réuni de multiples composantes : une composante territoriale (y a pas d'activité dans la région ou alors c'est saisonnier), une composante démographique (âge, sexe, couleur de peau
8 avr. 2006
Pause
J-11 avant les premiers écrits.
Je vais m'absenter un peu. Je reviendrais sur mon blog vers la mi-mai, mais bon je ferais surtout des comptes-rendus de mes oraux...
Gros bisous à tous !!!
Je vais m'absenter un peu. Je reviendrais sur mon blog vers la mi-mai, mais bon je ferais surtout des comptes-rendus de mes oraux...
Gros bisous à tous !!!
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