(ou ma plus grande leçon de management interculturel)
Voilà près de trois semaines que je suis arrivé dans l'Ohio et je n'ai toujours pas parlé des Chinois. En effet dans mon petit bled de 30000 âmes dont 19000 étudiants. Ils sont une petite centaine environ qui viennent de Chine, de Taiwan, de Hong Kong, de Mongolie et même de France ! (bah oui moi et mon coloc...).
Mais voilà contrairement à ce qu'on pourrait penser, c'est avec les étudiants chinois que j'ai le plus mal de mal à communiquer jusqu'à présent. Je ne sais pas vraiment pourquoi ça coince et c'est d'autant plus déroutant car depuis la 6ème j'ai toujours eu des étudiants d'Asie dans ma classe. Exemples de couacs :
1. La première rencontre
Si le "Hi, I'm XXX, nice to meet you" + poignée de main / "Salut je m'appelle XXX" + bise ou poignée de main est institutionnalisé dans le milieu occidental, chez les Chinois ça commence plutôt par 你是中国人吗?/ "Est-ce que t'es chinois ?"
J'avoue que mon faciès à tendance à perturber pas mal d'Européens et d'Américains, mais commencer une conversation par ce qui ressemble un contrôle d'identité, on me l'avait jamais faite, surtout venant de la part de "compatriotes". Enfin si, dans les rues de Paris, c'est comme ça que les touristes chinois vous abordent, mais dans ces cas-là ça prend surtout le sens de "Est-ce que vous parlez chinois, j'aurais besoin de votre aide"
Au début, je me contentais de l'explication de mon histoire familiale, jusqu'au jour je me suis pris des remarques du type "Oui mais ton nom, il fait pas très chinois" "T'es français ou chinois alors ? comment ça se fait que tu parles mandarin ?"... Gloups.
Alors qu'entendent-ils par "Chinois" ?
Dans ma naïveté de mon enfance, on me disait qu'un vrai Chinois, c'était déjà le "faciès" (et que malgré les tentatives de Michael Jackson, on n'y pouvait pas grand chose) et ensuite la maîtrise de langue pour vraiment faire partie du club, car un type qui fait asiat et qui maîtrise pas la langue, c'est un peu la lose. Argument massue de mes parents pour me convaincre d'aller en cours de chinois certes, mais ça me semblait pas totalement idiot. Et pour certains, ça doit leur rappeler les discussions entre Fustel de Coulanges et Mommsen.
Donc si c'est pas la langue, si c'est pas le "phénotype", qu'est-ce que ça peut être ?
Le passeport chinois, la naissance en Chine (le fameux droit du sol) ?
J'ai posé la question à mon coloc qui est vraiment chinois pour le coup (passeport et acte de naissance compris) et il m'a expliqué qu'on l'abordait aussi de la même manière, quand on lui disait pas "ah mais t'es pas japonais / coréen / d'Asie du Sud-est ?".
Un jour, un type l'a même abordé en lui demandant s'il était taiwanais (car comme tout le monde le sait, le taiwanais est reconnaissable entre mille). Mon coloc s'empresse de démentir et lui demande sa région d'origine et se prend en guise de réponse : "Oui je viens du Sichuan, tu sais où c'est le Sichuan ?" ce qui équivaut de dire à un Français "Oui je suis lyonnais, tu sais où c'est Lyon au moins ?" Sympa...
Bref, je sais plus trop quoi en penser... soit ils se rendent pas comme que c'est un impair, soit ils sont vraiment idiots. Mais bon, "les gens font ce qu'ils font parce qu'ils sont intelligents". Espérons-le parce que pour le moment je suis assez paumé et j'ai vraiment l'impression d'être regardé comme une bête curieuse par ces gens-là (le mec qui fait chinois, parle chinois, mais qui en fait est un agent double :-) ), pourtant ça fait des siècles qu'il y a des communautés chinoises dans toute l'Asie du Sud-Est, à la Réunion, en Amérique du Nord, en Europe, mais j'ai vraiment l'impression qu'ils sont pas au courant : contrecoup de 50 ans de communisme ?
Ou alors sommes-nous en train de faire la confusion entre la Chine et les Chines (car dans la langue chinoise, la notion de pluriel ne s'utilise que rarement) ?
2. Chinatown
Un autre phénomène que j'avais plus ou moins remarqué, c'est que les étudiants chinois restent entre eux en général. Reproduisant d'une manière ou d'une autre le phénomène "Chinatown". Et même ici, à Bowling Green, Ohio (29 000 habitants pour mémoire), le même phénomène communautaire se reproduit, puisque 90% des étudiants chinois ont trouvé le moyen d'habiter dans le même quartier. Pratique pour partager des voitures, faire des courses groupées et des virées le week-end, mais c'est pas forcément le meilleur moyen de s'intégrer, de comprendre un pays et d'en apprendre la langue (ce qui semblerait être le minimum vu le prix des études aux US, vu le taux de change actuel et vu que c'est sûrement un projet qui a bien entamé les économies de toute la famille). Certains étudiants chinois parlent à peine anglais, ce qui n'est pas un problème quand on est en fac de musique et qu'on fait de l'interprétation mais ce qui reste assez étonnant quand on sait la galère que ça a pu être pour passer le GMAT / TOEFL / TOEIC / IELTS.
(En même temps, on est ptet pas mieux à l'étranger.)
3. Soyons utilitaristes
Outre le contact difficile et le côté grégaire, les seules fois où les étudiants chinois vont aborder d'autres étudiants, c'est quand ils ont besoin d'eux. Exemples :
- Lors du test d'anglais pour les étudiants internationaux, une fille est venue me parler, mais simplement pour savoir le nombre de mots que j'avais fait, guère plus. (Au fait, je m'appelle...)
- En sortant du premier cours de finance, une fille m'aborde sans se présenter, juste pour me demander si y a moyen de m'emprunter le manuel pour photocopier les exercices. N'ayant pas le bouquin en question, la conversation s'arrête la, point barre.
Que faut-il en comprendre au final ?
Que les étudiants chinois sont jaunes et fourbes comme disait (en plaisantant) T. ?
Que la génération de l'enfant unique est pourrie, gâtée, choyée et ne connaît pas les bonnes manières ?
Que les étudiants chinois sont en général mal préparés aux études à l'étranger et qu'ils sont assez peu curieux des choses de ce monde (hors tourisme et consommation) ? D'ou les impairs et les problèmes de communication ?
Que nous sommes mal préparés à interagir avec les étudiants venant de Chine continentale ?
En tout cas, ça m'intrigue... (désolé si ce post fait un peu facho sur les bords)
30 août 2009
28 août 2009
Première semaine de cours
Ayé, après près de deux ans d'interruption, me revoilà de retour dans une salle de classe, pour ma plus grande joie ou mon plus grand désespoir c'est selon. J'ai surtout passé ma semaine à courir de bureau en bureau. D'une pour rattraper tout ce que j'aurais dû faire la semaine dernière au lieu de me la couler douce à Montréal. De deux, pour redécouvrir le campus dans toute sa démesure avec 19000 étudiants au lieu du petit millier qui doit rester à la fin de l'été. Et effectivement ça fait beaucoup de monde et beaucoup de queue à la librairie, à la cantine, pour le shuttle etc. Y a aussi un peu d'animations dans le hall étudiant, j'ai notamment récupéré un carnet de réducs dans lequel y a surtout des réductions pour toutes les pizzerias de la ville et surtout l'agenda distribué par la fac à l'occasion de son centenaire dans lequel y a toutes les photos des événements qui ont marqué l'histoire de la fac et entre autres les photos de 2008 avec Joe Biden, Sarah Palin en campagne avec Joe the Plumber. Ah, le school pride c'est tout une histoire. Y a un nombre incroyable de goodies avec le logo ou les armoiries de la fac : sweats, t-shirts, cahiers, classeurs, parapluies, sacoches, pantalons de sport, pin's etc. La fac a même son propre journal et d'ailleurs la news de la semaine outre l'inauguration d'un nouveau bâtiment dans la banlieue de Toledo, c'est le classement US News, dans lequel "on" a été nommé trois fois (c'était déjà le cas l'année dernière mais bon).
Autrement tout va bien, j'ai 5 cours pour 14 heures de cours par semaine : stats pour la gestion, micro-économie, droit et éthique, investissement et gestion de portefeuille, management et développement personnel. Je dois aussi 10 heures par semaine à l'université en bossant pour le responsable du département finance de la fac contre un peu d'argent de poche (en gros ça me couvre mon loyer et une bonne partie de mes dépenses courantes...). Enfin j'ai découvert les gens qui sont dans ma classe : beaucoup d'Américains de l'Ohio avec des parcours plus ou moins hétéroclites (marketing, santé, BTP, sport, compta...), même si certains ont plus l'air chinois ou indiens et une majorité de mecs, ça change d'Audencia et de ses 55% de filles.
Au niveau contenu, y a rien de très compliqué pour le moment, les profs sont tous très pédagogues, y a pas mal de redites de tronc commun (normal vu que tout le monde n'a pas fait des études en business avant). Par contre, c'est plus au niveau des devoirs à rendre que ça va être le challenge, car y a des papers à rendre, d'une certaine longueur, qu'il faut bien évidemment rendre dans un anglais académiquement acceptable.
Sinon pas de compétition de tracteur ce week-end ou d'évenements sportifs. Il faudra attendre jeudi pour voir la reprise de la saison de football, ça promet d'être complètement fou !!!!
Autrement tout va bien, j'ai 5 cours pour 14 heures de cours par semaine : stats pour la gestion, micro-économie, droit et éthique, investissement et gestion de portefeuille, management et développement personnel. Je dois aussi 10 heures par semaine à l'université en bossant pour le responsable du département finance de la fac contre un peu d'argent de poche (en gros ça me couvre mon loyer et une bonne partie de mes dépenses courantes...). Enfin j'ai découvert les gens qui sont dans ma classe : beaucoup d'Américains de l'Ohio avec des parcours plus ou moins hétéroclites (marketing, santé, BTP, sport, compta...), même si certains ont plus l'air chinois ou indiens et une majorité de mecs, ça change d'Audencia et de ses 55% de filles.
Au niveau contenu, y a rien de très compliqué pour le moment, les profs sont tous très pédagogues, y a pas mal de redites de tronc commun (normal vu que tout le monde n'a pas fait des études en business avant). Par contre, c'est plus au niveau des devoirs à rendre que ça va être le challenge, car y a des papers à rendre, d'une certaine longueur, qu'il faut bien évidemment rendre dans un anglais académiquement acceptable.
Sinon pas de compétition de tracteur ce week-end ou d'évenements sportifs. Il faudra attendre jeudi pour voir la reprise de la saison de football, ça promet d'être complètement fou !!!!
25 août 2009
RIP Teddy
Je pense que la news du jour ne vous aura pas échappé : le décès de Edward M. Kennedy (dit Ted).
Bien que n'ayant rien de surprenant en soi, cette nouvelle me rend un peu triste, parce que mine de rien c'est quand même une légende de l'histoire politique américaine récente qui s'éteint, légende dont j'avais découvert l'existence il y a exactement un an, à l'occasion de la Convention démocrate (pour revoir la vidéo), au cours d'un discours qui m'avait réellement ému tant l'énergie déployée par ce monsieur de 76 ans pour défendre ses idées et son candidat à la présidentielle américaine, contrastait avec son état physique connu de tous. L'air de dire "Oui, c'est ma dernière Convention démocrate, alors faisons ça bien" et effectivement il l'a fait et je trouve que c'est un bel exemple d'adéquation entre le discours et les idées, ça change des discours insipides qu'on peut nous servir en France et dont on ne croit en général pas un mot, tant le type qui le prononce a l'air d'avoir découvert le sujet deux heures avant.
Teddy, c'est aussi un exemple de courage de politique, car malgré la maladie, il est resté très actif et très impliqué dans la vie politique américaine, notamment sur la question de la réforme du système de santé américain, sur laquelle son équipe travaille énormément. Je m'étais même rendu y a un mois dans le bureau de son staff au Sénat avec J.

La semaine dernière, il avait encore écrit au gouverneur du Massachusetts pour changer la loi locale qui n'autorise le remplacement d'un sénateur que 120 à 160 jours après la date de vacance du siège.
Bref, c'est un monsieur qu'on regrettera beaucoup.
Bien que n'ayant rien de surprenant en soi, cette nouvelle me rend un peu triste, parce que mine de rien c'est quand même une légende de l'histoire politique américaine récente qui s'éteint, légende dont j'avais découvert l'existence il y a exactement un an, à l'occasion de la Convention démocrate (pour revoir la vidéo), au cours d'un discours qui m'avait réellement ému tant l'énergie déployée par ce monsieur de 76 ans pour défendre ses idées et son candidat à la présidentielle américaine, contrastait avec son état physique connu de tous. L'air de dire "Oui, c'est ma dernière Convention démocrate, alors faisons ça bien" et effectivement il l'a fait et je trouve que c'est un bel exemple d'adéquation entre le discours et les idées, ça change des discours insipides qu'on peut nous servir en France et dont on ne croit en général pas un mot, tant le type qui le prononce a l'air d'avoir découvert le sujet deux heures avant.
Teddy, c'est aussi un exemple de courage de politique, car malgré la maladie, il est resté très actif et très impliqué dans la vie politique américaine, notamment sur la question de la réforme du système de santé américain, sur laquelle son équipe travaille énormément. Je m'étais même rendu y a un mois dans le bureau de son staff au Sénat avec J.
La semaine dernière, il avait encore écrit au gouverneur du Massachusetts pour changer la loi locale qui n'autorise le remplacement d'un sénateur que 120 à 160 jours après la date de vacance du siège.
Bref, c'est un monsieur qu'on regrettera beaucoup.
22 août 2009
Retour dans l'Ohio
Après 20h de bus depuis Montréal, à travers les magnifiques plaines de l'Ontario, une brève escale à Ottawa, la capitale fédérale et à Toronto, me voilà de retour dans l'Etat du "pavier" ("buckeye" en anglais, terme qui désigne à la fois le pavier / sorte de marronnier local, mais aussi une espèce de gallinacées / de la volaille bien fraîche en somme. Et autant j'ai
bien aimé le trajet en bus, la campagne de l'Ontario même si j'ai surtout pris des photos des nuages, autant j'ai trouvé les derniers miles en territoire américain assez étranges. D'une part, le passage à la douane à 5h avec une douanière pas du tout accueillante et qui te parle comme à un délinquant potentiel. D'autre part, l'escale à Detroit et à Toledo sont pas vraiment rassurants, ça sent la crise économique dans le coin. Surtout à Toledo le dimanche matin vers 10h. La ville est littéralement déserte, pas un chat dans la rue, aucune boutique d'ouverte (c'est là qu'on se rend compte du potentiel socialisant et rassurant de la boulangerie de quartier en France) et il n'y a guère que quelques voitures qui s'y aventurent. Et tout autour des parkings vides, des immeubles à vendre
ou avec des fenêtres murées. Ça me rappelle vaguement un congrès vinicole à Cincinnati (les initiés comprendront). Moi qui prévoyait de venir passer mes week ends de temps en temps dans le coin...
Finalement au bout d'une demi-heure de marche, à trouver un Mc Do à deux pas de la sortie d'autoroute et du musée de Toledo. Ouf, je n'aurais pas à prendre mon pti déj dans une station essence. Une fois mon brunch pris, je me rends ensuite au musée. Là je me fais haranguer par un type qui commence à me taper la discute (ah zut, c'est le mec que j'avais pris en photo juste avant d'aller au Mc Do). Mais bon dans l'Ohio et les petits bleds du Midwest, ça n'a rien de choquant en soi, les gens ont plutôt le contact facile et sont toujours prêts à rendre service, et j'apprends qu'en fait mon interlocuteur est prof de sculpture à l'université de Toledo. Il me demande aussi si je suis étudiant
en art (ce qui est pas non plus idiot car vu mon accoutrement du jour et les 20h de bus, j'ai plus l'air d'un kéke junkie peace and love qu'un mec avec la corporate attitude) et finalement me souhaite une bonne visite du musée qui comprend une "amazing collection". Et c'est vrai que le musée de Toledo contient un certain nombre de petites merveilles : une miniature de la danseuse de Degas, une autre du penseur de Rodin, une reconstitution d'une bouche de métro Guimard, un Caldero, un Brancusi, des pièces d'orfèvrerie et d'art décroratif, quelques céramiques grecques, une statue égyptienne, une reconstitution de cloître médiéval, des tableaux de maîtres européenes (Vigée-Lebrun, Rubens, El Greco, Van Gogh, David, Chardin, Rembrandt, Mondrian). OK y en a qu'un de chaque, mais pour un musée du Midwest, c'est plutôt impressionnant.
Fin de la visite en début d'après-midi, je rejoins la station de bus, pour attendre le type (le fameux sosie de Madoff) qui doit me prendre et me ramener à Bowling Green. Une bonne douche, un bon dodo et demain la rentrée ! Je suis vraiment impatient de reprendre les cours après presque deux ans d'interruption et de voir à quoi ressemble ma classe (apparemment on est une cinquantaine).
That's it for today !
Finalement au bout d'une demi-heure de marche, à trouver un Mc Do à deux pas de la sortie d'autoroute et du musée de Toledo. Ouf, je n'aurais pas à prendre mon pti déj dans une station essence. Une fois mon brunch pris, je me rends ensuite au musée. Là je me fais haranguer par un type qui commence à me taper la discute (ah zut, c'est le mec que j'avais pris en photo juste avant d'aller au Mc Do). Mais bon dans l'Ohio et les petits bleds du Midwest, ça n'a rien de choquant en soi, les gens ont plutôt le contact facile et sont toujours prêts à rendre service, et j'apprends qu'en fait mon interlocuteur est prof de sculpture à l'université de Toledo. Il me demande aussi si je suis étudiant
Fin de la visite en début d'après-midi, je rejoins la station de bus, pour attendre le type (le fameux sosie de Madoff) qui doit me prendre et me ramener à Bowling Green. Une bonne douche, un bon dodo et demain la rentrée ! Je suis vraiment impatient de reprendre les cours après presque deux ans d'interruption et de voir à quoi ressemble ma classe (apparemment on est une cinquantaine).
That's it for today !
20 août 2009
Tabernacle, y drache par ici...
(Origine québécoise de l'expression non confirmée... par contre j'ai la définition littérale du tabernacle : " tente qui abritait l'Arche d'alliance à l'époque de Moïse." Merci Wikipédia.)
Voilà aujourd'hui c'est mon 4ème jour à Montréal, jour béni et à plusieurs titres.
Déjà la bouffe, Dieu sait combien ça peut avoir des effets bénéfiques sur mon moral. Alors, dès le matin, au saut du lit (plus quelques débarbouillages) je me suis précipité au Chinatown pour prendre le pti déj façon hongkongaise à la recherche de ces "boulangeries" qui proposent en fait toutes sortes de petits pains fourrés avec différentes sortes de crèmes ou avec de la viande et surtout LA pâtisserie suprême : les egg custards (cf. photo). Un egg custard c'est tout simplement un flan sous forme de mini tartelette
qu'apparemment les Anglais servaient au thé, mais qui est super populaire à Hong Kong où on peut en acheter à tous les coins de rue (du moins les coins de rues commerçants). Sinon y a l'équivalent portugais, c'est le Pastéis de nata (ils en servent chez KFC à Paris). Finalement, j'ai jeté mon dévolu sur une petite boutique qui vend des petits pains mais qui sert aussi des ptits déj chauds : soupes, nouilles, toasts, bacon and eggs et du thé façon anglaise. Bref, pendant une bonne demi-heure c'est l'extase et le retour aux saveurs d'enfance, moi qui tirait la tronche à l'idée de devoir faire le déplacem
ent jusqu'à Montréal pour le visa.
Deuxième bonne nouvelle, j'ai enfin pu récupérer mon visa étudiant, certes c'était sous la drache du Québec. Une fois passé le contrôle de sécurité aussi chaleureux que la main d'un bonhomme de neige, mon passeport en main et le formulaire I-20 récupéré, youpiyiiiha, j'ai enfin ce satané visa !!! Ça ne me dispensera malheureusement pas de rattraper la semaine que j'ai raté à la fac, ni du permis américain, ni de la paperasse pour m'inscrire à la Sécurité sociale US, mais voilà un truc de fait et en plus j'ai une meilleure gueule que sur mon premier visa US qui pour le coup a vraiment été défiguré... (photos à venir)
J'en suis tellement heureux qu'en sortant du consulat américain, je tourne deux fois à gauche et je tombe nez à nez sur l'Eglise du Gesù (oui, oui comme celle de Rome) que je décide de visiter. Puis de toute façon je n'ai pas trop le choix, c'est soit ça, soit rester sous la pluie...
Beaucoup moins décorée que son homonyme italienne, cette église de facture baroque et ancienne propriété de la Compagnie de Jésus n'en est pas moins resplendissante et ce d'autant plus qu'elle accueille en ce moment une "installation sonore" (en gros un CD qui tourne en boucle) de Hans Tutschku qui fait résonner toute la nef. Difficile de décrire l'effet combiné de l'image et du son, mais ça s'écoute vraiment bien pour du profondeur, ça ressemble à un énorme mix de beaucoup de types de chants religieux (chrétiens, bouddhistes, orientaux, animistes) et l'ensemble invite à la méditation et donne réellement plus de profondeur et d'âme à toutes les sculptures présentes au sein de l'église. Tiens, faudrait que j'envoie ça comme suggestion pour la Nuit blanche, ça changera des trips conceptuels de 5 demi secondes qu'on nous propose d'habitude. Reste à trouver une église tout aussi richement décorée, je pensais à Saint-Merri à côté de Beaubourg, mais elle est toujours en aussi sale état ou alors à la Basilique Saint-
Epvre, mais c'est à Nancy.
Bref, j'en ressors de ma visite un peu purifié et apaisé. Pour la peine, je continue les visites à deux encablures plus loin, au musée d'art contemporain de Montréal, pour 4 modestes dollars canadiens (enfin un truc qui a pas l'air cher) mais y a pas grand chose d'exposé si ce n'est une demi-douzaine d'artistes. Plusieurs galeries retiennent mon attention :
- les photos de Robert Polidori qui montrent les travaux de rénovation de Versailles, Tchernobyl, Beyrouth, la Nouvelle-Orléans après l'outragan Katrina : 4 sites, 4 lieux autrefois habités et qui respirent l'abandon, la désolation ou le désarroi du fait du comportement des hommes.
- les clips musicaux au sous-sol, rien de très original en soi, même si certains clips sont vraiment rafraichissants. Extraits choisis :
zZz is playing : Grip
Brave Bulging Buoyant Clairvoyants de Wild Beasts
Love's not a competition de Kaiser Chiefs, ça c'est de la synchro
Sleeping Sickness
- le "jardin du sommeil" qui n'est rien d'autre une expo géantes de landaus et de lits pour bébés :)
C'est tout pour aujourd'hui, à la revoyure !
PS : Merci pour tous vos messages d'anniversaire :-)
Voilà aujourd'hui c'est mon 4ème jour à Montréal, jour béni et à plusieurs titres.
Déjà la bouffe, Dieu sait combien ça peut avoir des effets bénéfiques sur mon moral. Alors, dès le matin, au saut du lit (plus quelques débarbouillages) je me suis précipité au Chinatown pour prendre le pti déj façon hongkongaise à la recherche de ces "boulangeries" qui proposent en fait toutes sortes de petits pains fourrés avec différentes sortes de crèmes ou avec de la viande et surtout LA pâtisserie suprême : les egg custards (cf. photo). Un egg custard c'est tout simplement un flan sous forme de mini tartelette
qu'apparemment les Anglais servaient au thé, mais qui est super populaire à Hong Kong où on peut en acheter à tous les coins de rue (du moins les coins de rues commerçants). Sinon y a l'équivalent portugais, c'est le Pastéis de nata (ils en servent chez KFC à Paris). Finalement, j'ai jeté mon dévolu sur une petite boutique qui vend des petits pains mais qui sert aussi des ptits déj chauds : soupes, nouilles, toasts, bacon and eggs et du thé façon anglaise. Bref, pendant une bonne demi-heure c'est l'extase et le retour aux saveurs d'enfance, moi qui tirait la tronche à l'idée de devoir faire le déplacem
Deuxième bonne nouvelle, j'ai enfin pu récupérer mon visa étudiant, certes c'était sous la drache du Québec. Une fois passé le contrôle de sécurité aussi chaleureux que la main d'un bonhomme de neige, mon passeport en main et le formulaire I-20 récupéré, youpiyiiiha, j'ai enfin ce satané visa !!! Ça ne me dispensera malheureusement pas de rattraper la semaine que j'ai raté à la fac, ni du permis américain, ni de la paperasse pour m'inscrire à la Sécurité sociale US, mais voilà un truc de fait et en plus j'ai une meilleure gueule que sur mon premier visa US qui pour le coup a vraiment été défiguré... (photos à venir)
J'en suis tellement heureux qu'en sortant du consulat américain, je tourne deux fois à gauche et je tombe nez à nez sur l'Eglise du Gesù (oui, oui comme celle de Rome) que je décide de visiter. Puis de toute façon je n'ai pas trop le choix, c'est soit ça, soit rester sous la pluie...
Beaucoup moins décorée que son homonyme italienne, cette église de facture baroque et ancienne propriété de la Compagnie de Jésus n'en est pas moins resplendissante et ce d'autant plus qu'elle accueille en ce moment une "installation sonore" (en gros un CD qui tourne en boucle) de Hans Tutschku qui fait résonner toute la nef. Difficile de décrire l'effet combiné de l'image et du son, mais ça s'écoute vraiment bien pour du profondeur, ça ressemble à un énorme mix de beaucoup de types de chants religieux (chrétiens, bouddhistes, orientaux, animistes) et l'ensemble invite à la méditation et donne réellement plus de profondeur et d'âme à toutes les sculptures présentes au sein de l'église. Tiens, faudrait que j'envoie ça comme suggestion pour la Nuit blanche, ça changera des trips conceptuels de 5 demi secondes qu'on nous propose d'habitude. Reste à trouver une église tout aussi richement décorée, je pensais à Saint-Merri à côté de Beaubourg, mais elle est toujours en aussi sale état ou alors à la Basilique Saint-
Epvre, mais c'est à Nancy.
Bref, j'en ressors de ma visite un peu purifié et apaisé. Pour la peine, je continue les visites à deux encablures plus loin, au musée d'art contemporain de Montréal, pour 4 modestes dollars canadiens (enfin un truc qui a pas l'air cher) mais y a pas grand chose d'exposé si ce n'est une demi-douzaine d'artistes. Plusieurs galeries retiennent mon attention :
- les photos de Robert Polidori qui montrent les travaux de rénovation de Versailles, Tchernobyl, Beyrouth, la Nouvelle-Orléans après l'outragan Katrina : 4 sites, 4 lieux autrefois habités et qui respirent l'abandon, la désolation ou le désarroi du fait du comportement des hommes.
- les clips musicaux au sous-sol, rien de très original en soi, même si certains clips sont vraiment rafraichissants. Extraits choisis :
zZz is playing : Grip
Brave Bulging Buoyant Clairvoyants de Wild Beasts
Love's not a competition de Kaiser Chiefs, ça c'est de la synchro
Sleeping Sickness
- le "jardin du sommeil" qui n'est rien d'autre une expo géantes de landaus et de lits pour bébés :)
C'est tout pour aujourd'hui, à la revoyure !
PS : Merci pour tous vos messages d'anniversaire :-)
7 août 2009
Ranger ses souvenirs
Aujourd'hui c'était mon dernier jour officiel à l'ambassade.
Rien de spécial en soi, si ce n'est du rangement aussi bien dans mon bureau que sur mon ordinateur. Quelques papiers à terminer notamment les dernières retouches de ce qui sera le premier et le dernier télégramme diplomatique que j'aurais fait seul ou quasiment. J. me taquine gentiment en me demandant quand est-ce qu'il pourra prendre possession de "son" nouveau bureau, mais je pense qu'il y a quel point je suis ému de terminer ce stage.
Je n'en écrirai pas beaucoup plus sur mon état d'esprit du moment. Mon objectif n'est pas de faire pleurer dans les chaumières loin de là. C'est juste qu'en rangeant ce soir les photos et les souvenirs de ces 3 mois à Washington, je me rends compte que ce que je me disais d'habitude en fin de stage ou de contrat ("s'attacher aux gens et mais pas aux lieux, ni à la fonction") ne tient absolument pas la route cette fois-ci, parce qu'intuitivement je sais que l'expérience que je viens de vivre est vraiment exceptionnelle, et qu'en aucune manière j'aurais la possibilité de la revivre à nouveau, dans le même lieu et avec les mêmes personnes, parce que tel est le destin commun de tous les travailleurs d'ambassade : le turn-over. Ainsi , on ne reste rarement plus de 6 ans au même poste pour les permanents / 2 ans pour les VIA / 9 mois pour les stagiaires.
Bref Washington c'est vraiment fini, ça ne restera jamais plus comme avant, etvous allez vraiment me manquer. Encore merci à tous pour ce que vous m'avez apporté et bonne continuation.
Rien de spécial en soi, si ce n'est du rangement aussi bien dans mon bureau que sur mon ordinateur. Quelques papiers à terminer notamment les dernières retouches de ce qui sera le premier et le dernier télégramme diplomatique que j'aurais fait seul ou quasiment. J. me taquine gentiment en me demandant quand est-ce qu'il pourra prendre possession de "son" nouveau bureau, mais je pense qu'il y a quel point je suis ému de terminer ce stage.
Je n'en écrirai pas beaucoup plus sur mon état d'esprit du moment. Mon objectif n'est pas de faire pleurer dans les chaumières loin de là. C'est juste qu'en rangeant ce soir les photos et les souvenirs de ces 3 mois à Washington, je me rends compte que ce que je me disais d'habitude en fin de stage ou de contrat ("s'attacher aux gens et mais pas aux lieux, ni à la fonction") ne tient absolument pas la route cette fois-ci, parce qu'intuitivement je sais que l'expérience que je viens de vivre est vraiment exceptionnelle, et qu'en aucune manière j'aurais la possibilité de la revivre à nouveau, dans le même lieu et avec les mêmes personnes, parce que tel est le destin commun de tous les travailleurs d'ambassade : le turn-over. Ainsi , on ne reste rarement plus de 6 ans au même poste pour les permanents / 2 ans pour les VIA / 9 mois pour les stagiaires.
Bref Washington c'est vraiment fini, ça ne restera jamais plus comme avant, etvous allez vraiment me manquer. Encore merci à tous pour ce que vous m'avez apporté et bonne continuation.
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