15 févr. 2006

Les films c'est nul.

[AVERTISSEMENT] Ceci est un billet d'humeur.

Pour reprendre une phrase désormais célèbre au "Lycée du Cocu", les films c'est nul...

Hier, je me suis enchaîné à la suite "le Secret de Brokeback Mountain" et le "Cuirassé Potemkine" que 80 ans séparent. Et je commence à douter de plus en plus sur l'utilité réelle du cinéma et de la très sainte et sacrée "création artistique".

Pour le Cuirassé, j'ai pas grand chose à redire, c'est un film pour l'histoire sur la mutinerie des marins à bord d'un navire de guerre en 1905, événement qui fût prémonitoire des révolutions russes et qui a eu une place importante dans la révolution de 1905 etc. N'empêche après avoir parlé en cours d'histoire des heures durant des révolutions dans la Russie du début du 20ème siècle et passé quelques bonnes heures sur la rhétorique et la mythologie politique du communisme, il n'y a pas vraiment grand chose à dire. D'ailleurs j'ai l'impression de retourner en cours en voyant ce film.

Ce qui me révolte le plus c'est Brokeback Mountain, film encensé par la presse et qui n'est finalement qu'une histoire d'amour comme on en raconte à la pelle aujourd'hui au cinéma et dans les romans et les chansons, simplement le couple est un couple "gay" qui vit une relation discrète et lointaine avec une double vie. 2h sur fond de Rocky Mountains, de cow-boys et de country music (vive les grands mythes fondateurs), et ça vous donne un favori aux Oscars et un Lion d'Or à Venise.

Certes, je vais pas refaire le monde. C'est juste que ça m'embête, parce que d'une part c'est un film avec un scénario à tiroir : revoyez Retour à Cold Mountain et vous retrouverez les mêmes ingrédients (scénario adapté d'un roman, environnement rural, grand mythe US, histoire d'amour impossible dans un contexte hostile, décors naturels splendides, les oppositions sociales, le héros est un bon gars et à une tête de Jude Law...). Bref 2h de pub pour l'Amérique profonde, une Amérique super sympa quoi : l'Amérique d'en bas. Lire le roman -prix Pulitzer 2005- dont est tiré ce film eut été plus intéressant je pense, chuis ptet vieux jeu, mais voilà une histoire d'amour romantique, ça se couche sur le papier et on doit pleurer entre les lignes/pages/chapitres (rayez les mentions inutiles).

OK ça casse les mythes du cow-boy viril et des westerns, ça casse le mythe de l'homosexualité fait urbain regroupant des gens incapables d'aimer, en manque de sensations et en manque tout court qui font des allers-retours dans des clubs fermés... et après qu'est-ce qu'on nous offre ? Une vie pas toujours facile, des destins qui se séparent et se recroisent, la vie rurale et l'exode rural, des trentenaires frustrés qui n'arrivent pas à sortir de leur passé ou de leur enfance, l'expérience de la différence sociale. Jusque là rien de nouveau à signaler, sauf si effectivement on ne s'est jamais posé de questions sur le monde qui nous entoure, ça peut éventuellement ouvrir les yeux.

Ah finalement, les critiques ont trouvé un intérêt au film : oui ! c'est un message de tolérance sur l'universalité de l'amour, c'est fait tout en légèreté, sans profusion de dialogues ridicules, sans psychologie à deux balles, sans pathos en tranches savoureuses, sans militantisme pro ou anti, ça montre à quel point l'amour n'est pas rationnel, malgré la difficulté de vivre une double vie, malgré les risques de soupçons, malgré l'homophobie environnante de mise, nos héros essaient de trouver simplement leur bonheur. Bref, un film qui montre la réalité telle qu'elle est. Seul hic, la réalité, elle est profondément banale et même dérangeante et moche (je suis censé citer le divertissement pascalien là...).

On pourra me reprocher qu'à force de philosopher, on finit nihiliste et blazé. Mais entre-t-on dans un cinoche pour y retrouver la banalité de la vie contre laquelle on ne cesse de lutter au quotidien ? Pour moi c'est clair, la réponse est non.


Sinon un truc plus fun le blog d'un "confrère" http://hybloghagne2.blogspot.com/
Visitez également le blog de Prépagirl, les derniers comics sont géniaux http://20six.fr/prepagirl
Et puis allez une autre pub pour un vieux compagnon de route http://erasoft24.blogspot.com
Enfin le blog de celui que je torture tous les matins au ptit déj http://poiesis.skyblog.com

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Et Alex, il pue, hein ? Pas droit au "visitez le super blog de critiques que tient avec brio le magnifique, le génial, le talentueux Alex, le meilleur khâgneux BL du monde de l'univers entier ?"
Ok je vois le genre, 'spèce de marchand de tapis frigide à la magnificence cinématographique.
Arh ! Vas, je ne te hais presque point, tu me fais pitié, petit Chaton sans famille, errant dans les couloirs sombres du lycée de cocu à la recherche d'affection et d'acheteurs de tapîs...

Oui, euh... Je suis un peu fatigué ce soir, m'en veux pas. Et puis c'était mon premier commentaire, fallait marquer le coup, hein ?
J'essaierai de passer même si je me perds un peu dans les blogspots, j'essaierai d'apprendre...

Bon courage !
Alex

PhilZ a dit…

Mé nan pleure pas mon Alex le magnifique, le génial, le talentueux (et la grosse tête aussi ?). Le truc, c'est que j'm pas les Skyblogs, c'est comme la philo, le café, le pinard et le café-philo avec du pinard à volonté. J'aime pas, point à la ligne.

(Tiens c'est ce que je fais.)

Plus sérieusement, y a trop de blogs trop funs et je crois que je vais piquer la présentation des links à Pika, les sites d'un côté, les blogs de l'autre et les comics dans une troisième rubrique.

À lundi Alex !

Anonyme a dit…

A lundi Alex

Nooooooooooooonnnnnnn !!!!!!!!!!!!!!!
Moi non plus j'aime pas les skyblogs, mais c'est super pratique quand même !
Pi ça me fait marrer de parler de Brel avec au dessus de la page le bandeau "Difool, Eminem et Clara Morgane sur ton mobile ! " :D
Et j'aime pas les blogspots moi je comprends pas comment ça marche...

Anonyme a dit…

Je ne sais pas si brokeback est un bon film. Mais voilà : faire un melo, c'est dur. Filmer des homo sans que ce soit vulgaire, niais, cliché et cie, c'est dur. Faire un film où tous les bourgeois hétéro se reconnaisent, tout honteux, c'est dur. Du coup, vite vite vite, ils nominent le film. Voilà, ils peuvent se gargariser et se féliciter : les bourgeois sont à la pointe de l'avant-garde. Mais parce que que brokeback n'est que favori à Hollywood, chacun d'entre nous peut se demander s'il n'est pas, un peu, un petit peu, sous ses airs de tolérance, un peu homophobe. Ou antisémite, ou raciste, ou tout ce que tu veux. Il fallait le melo le plus classique du monde pour nous interroger sur notre suffisance. C'est facile d'aimer un film ou de le détester. Mais il est moins facile de regarder les questions qu'il soulève en nous. Je suis loin d'être sur qu'il s'agit d'une pub pour l'Amérique. Auquel cas, le film aurait eu plus qu'une nomination. Bien au contraire, le film se saisit de ce qui a fait l'Amérique, le cinéma holywoodien classique. A partir de là, il introduit le détail, l'étrangeté, le vice, l'horreur, ce qui déplaît à maints texans et à maints européens. Il confronte deux univers... et se laisse nominer aux oscars. Mais juste nominer. Albertine