5 févr. 2006

Entre quatre murs.

C'était un jeudi juste avant le "cours de philo", Alice M. (ma très charmante collègue déléguée de classe) me dit que la CPE souhaite nous voir tous les deux après les cours, quant à l'objet de la convocation, allez savoir, ils nous font des papiers labellisés URGENT en rouge pour trois fois rien (du style prendre des prospectus qui sont devant nos yeux, rappeler aux gens de s'inscrire pour le concours...). Et là pour une fois qu'on sort de l'ordinaire, que dalle. Venez et vous verrez.

Remarquez, c'était pas plus mal, puisque ça m'a gentiment occupé l'esprit pendant le très fameux "cours de philo", au lieu de contempler le plafond, rattraper des heures de sommeil, ficher de l'histoire, préparer ma colle de français, faire un sudoku pendant qu'il ne se raconte rien d'autre que de la paraphrase des grands textes de la culture hellénistique (sauf pendant 10 minutes une séance sur trois où à la limite y a une idée brillante), j'avais enfin une activité sérieuse : réfléchir à ce dont allait nous parler la CPE.

Effort vain et nouvelle plutôt inattendue puisqu'à 16h il s'agissait de m'annoncer que ma candidature à l'internat avait été acceptée et qu'il me fallait aussi recenser les autres camarades intéressés par un séjour chez les fous. Job trivial du délégué en somme.

C'est donc ainsi que j'ai intégré l'internat de Janson depuis 3 semaines maintenant, dortoir 2 chambre 7 (information importante car le jour où je serais président, cette magnifique chambre sera inscrite au titre des monuments historiques et on y apposera une jolie plaque en marbre avec des infos sur MY Life en lettres dorées). Le truc rigolo c'est qu'à la base je devais intégrer le dortoir 4 (officieusement le meilleur dortoir de Janson), mais que le lobbying de certains en a décidé autrement. Cela dit, je vais pas me plaindre, vu que ça m'a évité un bizuthage en règle par les specimens les plus subtils de ma classe (bon c'est sûr ils ont bien tenté le coup un soir, mais j'étais pas dans ma chambre ;-) ).

Bref lundi, j'arrive avec ma valise à roulettes qui contient ma bibliothèque portative : remise des clés, remise du linge, papiers, signatures, caution et tout le blabla. Finalement donc je découvre ma chambre (trois portes à côté de la chambre d'Arnaud, le maître des grands chelems en histoire) et mon cobox, que je connaissais déjà en fait. Bref pas trop de surprises de ce côté-là. La chambre est tout ce qu'il y a de plus banal : une armoire, un lit, une étagère, un bureau et une chaise. Petit coup d'oeil pour vérifier l'état des lattes et pour constater qu'elles sont en fait vissées au lit, mettant fin ainsi à la tradition de délattage des lits. Le tout est coincé entre quatre murs, ou plutôt un mur et trois cloisons toutes trouées on ne sait comment (mais fort heureusement replâtrées). Détail important, il y a des barreaux à toutes les fenêtres de l'étage, sauf aux fenêtres des toilettes et de la pièce d'eau.

Rapidement, je me suis fait à ma nouvelle vie : fréquenter la cantine trois fois par jour, passer la soirée au CDI, plus d'ordi le soir et surtout plus de métro à prendre le matin et le soir. La tâche la plus difficile fût probablement de faire connaissance avec les voisins, vu qu'aucune présentation officielle n'avait été faite. Mais des fois je me demande s'ils n'ont pas fait exprès de me mettre au dortoir 2 : y a que des Sup5 et des HKBL...

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